NewAstv, plus qu'un médium, un compagnon
New AsTV: Une bonne communication grâce au professionnalisme d'une équipe
New AsTV: Vous y êtes, ne naviguez plus
New AsTV pour mieux communiquer en diplomatie
New AsTV: Savourez votre plaisir à communiquer
New AsTV: Ne vous en laissez pas compter
New AsTV: Vous êtes au cœur de l'événement
New AsTV, et la coopération bilatérale devient facteur de développement des peuples
New AsTV: Notre concept, la communication en partage
New AsTV: Partenaire au développement culturel africain

Au Liberia, le nouveau président Weah comptable d’un beau moment démocratique


Au Liberia, le nouveau président Weah comptable d’un beau moment démocratique
Le président libérien, George Weah, à Monrovia, le 30 décembre 2017. | PHOTO: THIERRY GOUEGNON/REUTERS
Il revient à l’ancienne star du football, élu fin décembre 2017 à la tête du pays, de ne pas brader la confiance, ni les espoirs placés en lui par l’électorat.
 
Analyse. L’élection de George Weah à la présidence du Liberia un lendemain de Noël est une bonne nouvelle pour le continent africain. Il ne s’agit pas ici d’un jugement de valeur anticipé porté sur l’aptitude d’une ancienne star du football à devenir un grand chef d’Etat qui remettrait sur pied ce petit pays d’Afrique de l’Ouest martyrisé par d’indicibles guerres civiles. Sur ce plan, George Weah doit faire ses preuves.
 
Si sa large victoire – 61,5 % des suffrages contre 38,5 % pour son adversaire, le vice-président sortant, Joseph Boakai (73 ans) – comporte des sources de satisfaction, c’est au regard des standards démocratiques. On a pu craindre le pire au lendemain du premier tour organisé dans une certaine confusion le 10 octobre 2017 et rapidement contesté par plusieurs candidats battus. On voyait alors se profiler le spectre de ces élections tronquées, de ces décisions biaisées rendues par des commissions électorales qui n’ont d’indépendantes que leur nom et dont l’objectif n’est autre que de perpétuer les régimes en place, soient-ils d’emblée frappés d’illégitimité.
 
Respect de la Constitution
 
L’histoire locale confortait les pessimistes. Jusqu’en 1951, date tardive de l’instauration du suffrage universel, seuls les « Congo » – surnom donné à Monrovia aux descendants des esclaves affranchis aux Etats-Unis qui fondèrent le Liberia en 1822 – avaient le droit de vote. En d’autres termes, 90 % de la population, les « natives », étaient exclus de la vie politique. Les années suivantes, la démocratie balbutia dans l’étreinte du parti unique, puis étouffa sous les coups d’Etat et les guerres civiles qui ensanglantèrent le pays de 1990 à 2003 (environ 250 000 morts pour 4 millions d’habitants).
 
Il fallut attendre l’arrivée à la présidence d’Ellen Johnson Sirleaf, en 2005, pour que le Liberia connaisse sa première élection démocratique et pluraliste. Première femme africaine à occuper un tel poste, la Prix Nobel de la paix a été réélue six ans plus tard, en 2011. Mais sa victoire était obscurcie par le boycottage de son principal opposant et de son colistier, George Weah, qui dénonçaient des fraudes.
 
Rien de tel cette fois-ci. En amont du scrutin, rappelons qu’Ellen Johnson Sirleaf, 79 ans, n’a jamais cherché à tripatouiller la Constitution – un sport continental – pour contourner la règle qui fixe à deux le nombre de mandats présidentiels qu’une même personne est autorisée à effectuer. Respect de la Constitution, donc.
 
Quant au scrutin proprement dit, les centaines d’observateurs nationaux et internationaux déployés dans tout le pays l’ont jugé libre, transparent et équitable. Seul bémol, une certaine désorganisation au premier tour qui ne relevait pas toutefois d’une volonté de biaiser le vote. Les recours déposés devant la commission électorale nationale et la Cour suprême ont d’ailleurs été examinés, puis retoqués avec pour seule conséquence un glissement du calendrier électoral de quelques semaines. Personne n’a contesté cette décision ni crié à la manipulation par des institutions aux ordres.
 
Immédiatement après l’annonce de la victoire de George Weah, son adversaire malheureux s’est d’ailleurs empressé de féliciter le vainqueur. « Je ne serai pas le capitaine du bateau, mais mon souhait le plus fervent est que le navire de l’Etat vogue toujours sans encombre. Mon amour pour le pays est plus profond que mon désir d’être président », a déclaré publiquement Joseph Boakai. Un fair-play respectueux du scrutin, des électeurs et des institutions qu’aucun politicien libérien n’avait eu avant lui.
 
Une forte légitimité
 
Une autre bonne nouvelle tient à la légitimité du nouveau président du Liberia. Certes le taux de participation a chuté de vingt points entre les deux tours (de 75 % à 55 %). Mais George Weah l’a emporté dans tous les comtés du pays, sauf un, celui d’où Joseph Boakai est originaire, à l’issue d’une campagne électorale paisible.
 
« Mister George », comme le surnomment les Libériens, est dorénavant comptable de ce beau moment démocratique. Il lui revient en effet de ne pas brader cet acquis, ni la confiance, ni les espoirs placés en lui par l’électorat. C’est là que l’ancien Ballon d’or – seul joueur africain à avoir obtenu cette distinction consacrant le meilleur joueur évoluant en Europe – jouera sa partie la plus difficile.
 
 
Car George Weah a beaucoup promis, notamment la gratuité de l’enseignement et de la santé, secteurs totalement sinistrés. Il a fait miroiter des emplois aux armées de jeunes désœuvrés (85 % des moins de 25 ans) et d’attirer des investisseurs étrangers alors que le pays manque d’infrastructures et d’énergie électrique.
 
Le Liberia ne s’est jamais vraiment relevé de ces terribles années de guerres civiles, ni, dans une moindre mesure, de l’épidémie d’Ebola de 2014-2015 (4 800 morts) qui a éreinté des hôpitaux déjà rares et moribonds et a fait détaler les quelques grosses entreprises minières présentes dans le pays. En 2016, le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) classait ainsi le Liberia à la 177e place, sur 188 pays, dans son index du développement humain basé sur l’espérance de vie, l’accès à l’éducation et le PIB par habitant.
 
Eradiquer de la corruption
 
A juste titre, George Weah s’indigne. Légitimement, il a aussi stigmatisé le bilan d’Ellen Johnson Sirleaf. La Prix Nobel de la paix a certes redoré l’image du pays à l’étranger, maintenu la paix ainsi que la sécurité et libéré le droit d’expression. Mais sa présidence a aussi été dominée par le népotisme et la corruption, en toute impunité pour leurs auteurs. Un exemple, cynique, criminel ? La Croix-Rouge internationale a révélé, en novembre 2017, que 5 millions d’euros attribués, à l’époque de l’épidémie, au Liberia pour la lutte contre le virus Ebola avaient été détournés alors que les hôpitaux manquaient de tout.
 
 
Evidemment, George Weah a aussi promis d’éradiquer la corruption. Mais à ce chapitre, comme aux autres, le candidat a oublié de dire comment il allait s’y prendre. Et avec qui ? Les ralliements massifs des autres candidats ou des caciques du précédent régime ont-ils été négociés au prix du statu quo et de l’impunité des voleurs en cols blancs ?
 
Les jeunes des quartiers populaires – la moitié de l’électorat a moins de 33 ans – ont massivement voté pour George Weah. L’ancien enfant des bidonvilles né en 1966 dans la fange de Clara Town, à Monrovia, devenu star, est perçu comme l’un des leurs, comme l’incarnation d’un rêve que la misère n’est pas une malédiction congénitale. A lui de ne pas les décevoir.
 

 Commentaires

LIRE AUSSI...

Afrique-États-Unis : le message sans ambigüité de Trump sur l'AGOA

Afrique-États-Unis : le message sans ambigüité de Trump sur l'AGOA
Lun 08 Jan 2018 | Source : afrique.lepoint.fr ... | dans Economie

La Loi sur la croissance et les opportunités de développement en Afrique (AGOA) permet aux pays d'Afrique subsaharienne qui en bénéficient d'exporter sur le marché américain sans droit de douanes. Avec l'administration Trump, l'esprit de solidarité... Lire la suite >

Au Burkina Faso, un ancien ministre de la sécurité inculpé « d’atteinte à la sûreté de l’Etat »

 Au Burkina Faso, un ancien ministre de la sécurité inculpé « d’atteinte à la sûreté de l’Etat »
Sam 06 Jan 2018 | Source : lemonde.fr ... | dans Politique

Le colonel Auguste Denise Barry est accusé d’avoir mis en place un mouvement insurrectionnel pour déstabiliser le régime actuel.   Après deux ans et demi d’ombre, le colonel Auguste Denise Barry revient dans la lumière, malgré lui.... Lire la suite >

Lutte contre la corruption : Accra prend le taureau par les cornes

Lutte contre la corruption : Accra prend le taureau par les cornes
Sam 06 Jan 2018 | Source : afrique.lepoint.fr ... | dans Economie

Éradiquer la corruption dans la vie publique du Ghana était l'une des promesses majeures du président Nana Addo-Akufo. Où en est-il aujourd'hui ?   Le débat sur la lutte contre la corruption est relancé au Ghana. Il bat même son... Lire la suite >

Sénégal - Khalifa Sall : son procès renvoyé, rien n'est encore joué

Sénégal - Khalifa Sall : son procès renvoyé, rien n'est encore joué
Ven 05 Jan 2018 | Source : afrique.lepoint.fr ... | dans Autres Actus

Cette fois, c'est à la demande de la défense du maire de Dakar que la décision a été prise de renvoyer le procès au 23 janvier. « Pour disposer de plus de temps afin de pouvoir faire citer des témoins », a-t-elle avancé.   «... Lire la suite >

Etre opéré en Afrique tue deux fois plus qu’ailleurs

Etre opéré en Afrique tue deux fois plus qu’ailleurs
Ven 05 Jan 2018 | Source : lemonde.fr ... | dans Autres Actus

Une étude parue dans « The Lancet » pointe le mauvais suivi postopératoire et les complications fatales qui touchent un patient sur cinq.   Le taux de mortalité lors des opérations chirurgicales est deux fois plus élevé en Afrique... Lire la suite >

Quand des terroristes passent la frontière : un scénario catastrophe testé au Sénégal

Quand des terroristes passent la frontière : un scénario catastrophe testé au Sénégal
Jeu 04 Jan 2018 | Source : lemonde.fr ... | dans Autres Actus

L’Organisation internationale pour les migrations organise des exercices grandeur nature pour préparer habitants, secours et chaîne de commandement aux crises de déplacements de population.   Une détonation résonne dans la rue poussiéreuse.... Lire la suite >

RDC - Thierry Nlandu : « Les marches se poursuivront. Nous irons jusqu'au bout ! »

RDC - Thierry Nlandu : « Les marches se poursuivront. Nous irons jusqu'au bout ! »
Jeu 04 Jan 2018 | Source : afrique.lepoint.fr ... | dans Autres Actus

ENTRETIEN. Malgré la répression de Joseph Kabila, les populations ne lâcheront rien, dit en substance Thierry Nlandu, professeur à l'université de Kinshasa et membre du comité laïque de coordination.   La tension est montée d'un... Lire la suite >

En Mauritanie, 2018 commence par une dévaluation qui ne dit pas son nom

En Mauritanie, 2018 commence par une dévaluation qui ne dit pas son nom
Mer 03 Jan 2018 | Source : lemonde.fr ... | dans Politique

Avec la mise en circulation de nouveaux billets, la valeur de la monnaie a été divisée par dix. Mais les autorités minimisent l’opération.   Debout sur un trottoir du marché de Nouakchott, le cambiste Nejib Ould Sidi se frotte les mains... Lire la suite >

Ouganda: suppression de la limite d'âge pour la présidence

Ouganda: suppression de la limite d'âge pour la présidence
Mer 03 Jan 2018 | Source : slateafrique.com ... | dans Politique

Le chef de l'État ougandais Yoweri Museveni, 73 ans et au pouvoir depuis 1986, a ratifié le 27 décembre la loi supprimant la limite d'âge pour devenir président, qui lui permet d'être à nouveau candidat en 2021, a-t-on appris mardi de source... Lire la suite >

Le président malien annonce une loi d'entente nationale

Le président malien annonce une loi d'entente nationale
Mar 02 Jan 2018 | Source : slateafrique.com ... | dans Politique

Le gouvernement malien va proposer une loi "d'entente nationale" exemptant de poursuites "tous ceux impliqués dans une rébellion armée", à condition qu'ils n'aient "pas de sang sur les mains", a annoncé le président... Lire la suite >

Liberia : mais qui est Jewel Howard Taylor, la nouvelle vice-présidente ?

Liberia : mais qui est Jewel Howard Taylor, la nouvelle vice-présidente ?
Lun 01 Jan 2018 | Source : afrique.lepoint.fr ... | dans Autres Actus

PORTRAIT. Aux côtés de George Weah, il faudra désormais compter avec l'ex-femme de Charles Taylor, dont le passé trouble ne cesse de refaire surface.   Beaucoup de Libériens s'attendaient à ce qu'elle descende elle-même dans ... Lire la suite >

« Le retour d’ATT est une nouvelle imposture malienne »

« Le retour d’ATT est une nouvelle imposture malienne »
Dim 31 Déc 2017 | Source : lemonde.fr ... | dans Politique

Pour notre chroniqueur, les hommes politiques à Bamako se complaisent dans un consensus mou qui nuit à la démocratie.   Le retour à Bamako d’Amadou Toumani Touré (ATT) fut le cadeau de Noël offert aux Maliens par leur président, Ibrahim... Lire la suite >

Mais où est passée l'épouse de Béchir Saleh condamnée pour « esclavage domestique » ?

Mais où est passée l'épouse de Béchir Saleh condamnée pour « esclavage domestique » ?
Dim 31 Déc 2017 | Source : afrique.lepoint.fr ... | dans Autres Actus

Épouse de l'ex-directeur de cabinet de Kadhafi, Kafa Kachour n'a toujours pas payé les 222 500 euros auxquels l'a condamnée en mai 2015 le tribunal des prud'hommes d'Oyonnax, dans l'Ain.   Béchir Saleh, 71 ans, est bien vivant. Installé... Lire la suite >

« En Ethiopie, la question des “nationalités” est devenue explosive »

« En Ethiopie, la question des “nationalités” est devenue explosive »
Sam 30 Déc 2017 | Source : lemonde.fr ... | dans Autres Actus

Spécialiste de la Corne de l’Afrique, René Lefort décrypte les enjeux de pouvoir qui sous-tendent les conflits entre Oromo, Somali, Amhara et Tigréens.   En Ethiopie, fédération de neuf régions ethniques, un mécanisme redoutable... Lire la suite >

Ethiopie: Teddy Afro, le chanteur que le gouvernement voudrait museler

Ethiopie: Teddy Afro, le chanteur que le gouvernement voudrait museler
Sam 30 Déc 2017 | Source : slateafrique.com ... | dans Autres Actus

Cela fait plus de trois ans que le chanteur le plus populaire d'Éthiopie n'a plus donné de concert dans son pays. Au fil des ans, la voix de Teddy Afro est devenue aussi insupportable aux oreilles des autorités qu'elle est douce à celles de ses fans.   Adulé... Lire la suite >

« Le lumpen-radicalisme et autres maladies de la tyrannie »

« Le lumpen-radicalisme et autres maladies de la tyrannie »
Ven 29 Déc 2017 | Source : afrique.lepoint.fr ... | dans Autres Actus

Inspiré par l’arrestation au Cameroun de l’écrivain Patrice Nganang puis son expulsion, le philosophe Achille Mbembe s’interroge sur la place de l’intellectuel dans le champ politique, les moyens de résister à une dictature et comment imaginer le... Lire la suite >

ACTUALITE

Au Togo, les deux camps s’assoient autour de la même table
Ven 16 Février 2018 | Source: lemonde.fr
Afrique du Sud : Matamela Cyril Ramaphosa face à son destin
Ven 16 Février 2018 | Source: afrique.lepoint.fr
Jacob Zuma : le plus long « exit » de l'histoire sud-africaine
Mer 14 Février 2018 | Source: afrique.lepoint.fr
Plus d'Actualité | Cliquez ici

Vidéo à ne pas rater

Biennale panafricaine / L'invitation du professeur AMOA Urbain
Jeu 15 Février 2018 | dans: Culture d'ici et d'ailleurs

Nos Partenaires

NOUS SUIVRE

Qui Sommes-Nous?

New AsTV Le développement par la coopération   Servir de canal numérique au développement de l'Afrique par la coopération. Telle est la vision de New AsTV. De fait, nous nous sommes laissés guider par les relations que l'Afrique...

Lire plus

Contacts

Newsletter

FLASH INFOS