NewAstv, plus qu'un médium, un compagnon
New AsTV: Une bonne communication grâce au professionnalisme d'une équipe
New AsTV: Vous y êtes, ne naviguez plus
New AsTV pour mieux communiquer en diplomatie
New AsTV: Savourez votre plaisir à communiquer
New AsTV: Ne vous en laissez pas compter
New AsTV: Vous êtes au cœur de l'événement
New AsTV, et la coopération bilatérale devient facteur de développement des peuples
New AsTV: Notre concept, la communication en partage
New AsTV: Partenaire au développement culturel africain

Au Cameroun, l’inquiétant crépuscule du régime Biya


Au Cameroun, l’inquiétant crépuscule du régime Biya
Le président camerounais Paul Biya, à Maroua, dans le nord du pays, le 29 septembre 2018 | PHOTO: ALEXIS HUGUET / AFP
Emprisonnement du principal opposant, conflit armé dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest : le pouvoir multiplie les signes de raidissement.
 
Passer inaperçu tout en se rendant indispensable. Depuis son accession à la tête du Cameroun il y a plus de 36 ans, Paul Biya s’est astreint à ce principe. Président aux rares apparitions publiques – ses dernières photos, publiées à l’occasion de son 86e anniversaire où il se dévoile dans une inhabituelle tunique rose pastel, ont été abondamment commentées sur les réseaux sociaux –, il a su se placer comme un allié précieux pour tous ceux qui s’intéressent à cette région charnière entre l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale. Une zone qui, ces dernières décennies, a dû encaisser les tumultes de Boko Haram au Nigeria, de la République centrafricaine ou bien encore du Tchad.
 
Français, Américains et Chinois pouvaient alors, dans une belle unanimité, chanter les louanges de cet autocrate discret qui a fait de son pays un apparent havre de stabilité et une terre d’investissements. Mais alors, que s’est-il passé pour que, dans une même semaine, la diplomatie européenne et le département d’Etat américain exposent publiquement leurs préoccupations quand à la direction prise par le Cameroun ?
 
Ce fut tout d’abord le sous-secrétaire d’Etat américain aux affaires africaines qui envoya le 4 mars la première salve sur les ondes de Radio France internationale. A la veille d’entamer une tournée en Afrique centrale, qui doit le mener les 17 et 18 mars au Cameroun, Tibor Nagy enjoignit les autorités de Yaoundé de libérer l’opposant Maurice Kamto, arrivé officiellement en seconde position lors de l’élection présidentielle du 7 octobre 2018, car, juge-t-il, « que ce soit vrai ou faux, il est perçu comme ayant été incarcéré pour ses activités politiques ».
 
« Emergence de discours de haine »
 
Le lendemain, ce fut au tour de Federica Mogherini de publier un communiqué au nom de l’Union européenne (UE), dans lequel elle déclare que « l’arrestation et la détention prolongée de plusieurs dirigeants d’un parti de l’opposition, dont son leader Maurice Kamto, et d’un nombre important de manifestants et de sympathisants, ainsi que l’ouverture de procédures disproportionnées à leur encontre devant la justice militaire, accroissent le malaise politique au Cameroun. »
 
Autres motifs d’inquiétude pour la cheffe de la diplomatie européenne : « L’émergence de discours de haine fondés sur l’appartenance ethnique », principalement à l’endroit des Bamiléké, la communauté d’origine de M. Kamto, et « la persistance de la violence et des violations des droits de l’homme dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest », les deux régions à majorité anglophone qui, depuis octobre 2016, ont peu à peu glissé dans une guerre civile qui refuse de dire son nom.
 
 
 
Sur ce dernier point, Européens et Américains partagent également la même analyse. Interrogé par Le Monde, le « Monsieur Afrique » de Donald Trump, Tibor Nagy, a expliqué ne pas comprendre « pourquoi cette crise se poursuit alors qu’il est clair que nous avons besoin d’un dialogue ouvert à tous, sans limite, pour parvenir à une résolution de cette situation […]. Peut-être faudra-t-il que cela se fasse dans un forum international. »
 
Les réactions outragées en provenance de Yaoundé n’ont pas tardé. « Velléité d’immixtion à peine voilée et inadmissible dans les affaires intérieures du Cameroun », « méconnaissance des enjeux, des réalités et des faits », s’est offusqué le ministre de la communication et porte-parole du gouvernement, René Emmanuel Sadi. « Nous sommes choqués par ces réactions étrangères qui sont complètement décalées par rapport à la réalité », s’agace un proche collaborateur du président Biya, indiquant que « le chef de l’Etat appréciera quand M. Nagy sera là s’il doit lui donner des explications ».
 
Maintien d’une ligne sans concession
 
Que ce soit sur la répression qui s’est abattue sur l’opposition depuis la fin janvier ou le conflit qui sévit dans les régions à majorité anglophone, le pouvoir camerounais déroule l’argumentaire de l’agressé, qui réagit avec les armes du droit et s’avère incompris par l’extérieur.
 
Maurice Kamto, qui se présente comme « le président élu », son équipe de campagne, et près de 200 personnes ont été arrêtés depuis les manifestations du 26 janvier et placés en détention dans la sordide prison de Kondengui, à Yaoundé. Le pouvoir a mobilisé la justice militaire contre ces opposants, accusés notamment d’« insurrection, hostilité contre la patrie, rébellion et destruction des biens publics ».
 
 
 
En théorie, ils encourent la peine de mort. « Kamto et ses militants ont posé des actes répréhensibles comme le saccage des ambassades à Paris et Berlin où on a même pissé sur l’effigie du chef de l’Etat. Il s’est autoproclamé président en violation de la loi, a organisé des marches interdites et, quand il parle aux Bamiléké, il joue sur la fibre tribaliste en les appelant à se réveiller », justifie le proche du président Biya précédemment cité, avant de conclure en se disant satisfait que « hélas pour eux, la rue ne les suit pas, le corps social fait bloc. Tout est solide ».
 
A l’égard de la crise dans les deux régions anglophones, le pouvoir maintient également une ligne sans concession, affirmant avoir à faire à « des bandes autonomes qui pillent, kidnappent et n’ont rien à voir avec un projet politique indépendantiste », mais que « les actions des militaires commencent à porter leurs fruits ». « Beaucoup de leurs “généraux” sont tombés sur le champ de bataille, des centaines de leurs combattants fuient. Le seul problème que nous avons, ce sont ces enlèvements que commettent les Amba Boys [les groupes indépendantistes] qui font peur aux populations », avance une source sécuritaire.
 
« Les Français roulés dans la farine »
 
« C’est archifaux de dire que le problème est en cours de règlement. La preuve est que lorsque les indépendantistes décrètent une journée ville morte, cela fonctionne. Le gouvernement camerounais refuse de voir le problème en face et maintient son arrogance », rétorque Elie Smith, le secrétaire général et coordonnateur de la Anglophone General Conference.
 
Selon les quelques rares observateurs sur place, le conflit a pris le visage d’une sale guerre à huis clos, avec son lot d’exactions, de villages détruits, de complices supposés d’un camp ou de l’autre exécutés, de racket des rares entrepreneurs encore actifs dans la zone et d’enlèvements contre rançons. Selon l’ONU, 437 000 personnes ont été déplacées à l’intérieur du pays par le conflit et 32 000 autres sont parties se réfugier au Nigeria.
 
 
 
De bonne source, des négociations, secrètes afin de préserver l’orgueil des deux camps, pourraient s’ouvrir à une date et dans un lieu encore inconnus. « Les pays occidentaux sont exaspérés par le niveau de violence des forces camerounaises et, si Yaoundé refuse de dialoguer, les Américains envisagent des sanctions individuelles contre des personnalités du pouvoir », indique une personnalité investie sur ce dossier.
 
Cette dernière relate par ailleurs que les autorités camerounaises pourraient désormais ne plus bénéficier du parapluie protecteur de Paris : « La France, qui a toujours été favorable au gouvernement, est embarrassée. Après sa réélection, Biya a fait croire aux Français à un remaniement gouvernemental en profondeur, d’où les faucons seraient exclus, et à la création d’une commission indépendante pour entourer des négociations avec les anglophones. La France a alors fait du lobbying pour freiner les chancelleries qui étaient sur une ligne plus dure. Mais force est de constater que le pouvoir a roulé les Français dans la farine. »
 
« Régime illégitime »
 
Aussi paradoxal que cela puisse paraître, les principaux bénéficiaires du durcissement des autorités sont peut-être à chercher du côté de l’opposition. « Le régime illégitime nous a rendu un énorme service, assure Olivier Bibou Nissack, le porte-parole de Maurice Kamto. Pourquoi aurait-il déclenché une cabale judiciaire pour décrédibiliser quelqu’un qui n’aurait recueilli que 14 % des votes ? Le régime a mis un coup de projecteur sur le hold-up électoral dont nous avons fait l’objet en refusant le recomptage des voix, et a montré sa nature dictatoriale en déployant tout l’arsenal judiciaire, policier et militaire contre nous. »
 
Un fin analyste de la situation politique envisage même que « se faire arrêter faisait partie de la stratégie de M. Kamto – qui fut ministre de Paul Biya – pour se légitimer en tant qu’opposant dans un pays où ceux-ci sont traditionnellement rachetés par le pouvoir. De plus, aller en prison lui a permis d’attirer l’attention internationale sur sa personne et sur le Cameroun. »
 
 
 
D’après cette source, le raidissement des autorités démontre qu’« à l’image de Paul Biya, son élément central, le régime est à bout de souffle. Dans la lutte pour la succession, qui a commencé il y a fort longtemps, les durs qui semblent aux commandes actuellement se doivent d’éliminer les concurrents externes comme Kamto avant de livrer le moment venu la bataille en interne ». Cette lutte dans la pénombre n’épargne pas non plus ceux du pouvoir dont les ambitions pour l’avenir semblent trop évidentes. Le 6 mars, l’ancien ministre de la défense, Edgar Alain Mebe Ngo’o, a été placé en détention à la prison de Kondengui dans le cadre d’une procédure pour « malversations financières ».
 
Constat désabusé d’un diplomate en poste à Yaoundé : « Nous espérons une prise de conscience des dangers actuels qui visent le Cameroun. Mais le gouvernement ne s’aide pas lui-même en se fâchant avec ses amis à l’étranger. Jusqu’ici, il avait eu le bon sens de laisser croire que le Cameroun est une démocratie. »

 Commentaires

LIRE AUSSI...

Cameroun : Paul Biya reprend l'initiative en libérant le chef de l'opposition

Cameroun : Paul Biya reprend l'initiative en libérant le chef de l'opposition
Dim 06 Oct 2019 | Source : lepoint.fr ... | dans Autres Actus

ANALYSE. Après avoir fait preuve d'intransigeance, le chef de l'État, qui vient d'ordonner la libération de son principal opposant Maurice Kamto et de ses partisans, ainsi que celles de détenus liés à la crise anglophone, semble jouer l'apaisement.   En... Lire la suite >

Le Burkina Faso au bord de l’effondrement

Le Burkina Faso au bord de l’effondrement
Dim 06 Oct 2019 | Source : lemonde.fr ... | dans Société

Une grande partie du territoire échappe désormais au contrôle de Ouagadougou qui commence à peine à sortir du déni face à la multiplication des attaques des groupes armés et des milices dites « d’autodéfense ».   Il... Lire la suite >

Au Burkina Faso, des milliers d’écoles privées de rentrée à cause du terrorisme

Au Burkina Faso, des milliers d’écoles privées de rentrée à cause du terrorisme
Dim 15 Sep 2019 | Source : lemonde.fr ... | dans Société

L’Afrique fait sa rentrée (4). Depuis 2014, le pays est touché par des attaques de plus en plus nombreuses et meurtrières qui ont mis au chômage forcé plus de 9 000 professeurs.     Un petit cahier rouge est posé à côté... Lire la suite >

Affaire des 15 millions de dollars en RDC: malaise à la présidence

Affaire des 15 millions de dollars en RDC: malaise à la présidence
Dim 15 Sep 2019 | Source : RFI Afrique ... | dans Economie

C’est un pavé dans la mare de la rentrée politique congolaise. Depuis plusieurs semaines, l’affaire dite des « 15 millions » de dollars présumés disparus des comptes du Trésor défraie la chronique en RDC et éclabousse la présidence... Lire la suite >

Burkina : Diendéré et Bassolé, le sabre et le velours de Compaoré

Burkina : Diendéré et Bassolé, le sabre et le velours de Compaoré
Mar 03 Sep 2019 | Source : slateafrique.com ... | dans Autres Actus

L'un a servi dans les armes, l'autre dans la diplomatie : condamnés respectivement lundi à 20 et 10 ans de prison au terme du procès du putsch raté de 2015 au Burkina Faso, Gilbert Diendéré et Djibrill Bassolé, généraux aux personnalités... Lire la suite >

Afrique du Sud: la fièvre xénophobe sème le chaos à Johannesburg

Afrique du Sud: la fièvre xénophobe sème le chaos à Johannesburg
Mar 03 Sep 2019 | Source : RFI Afrique ... | dans Société

En Afrique du Sud, ces dernières heures ont été marquées par la violence contre les ressortissants étrangers (africains). Depuis dimanche 1er septembre, des centaines de magasins ont été vandalisés et on compte trois morts, selon autorités... Lire la suite >

Gabon - Demande d'expertise médicale : un peu d'air pour Ali Bongo

Gabon - Demande d'expertise médicale : un peu d'air pour Ali Bongo
Ven 23 Aoû 2019 | Source : afrique.lepoint.fr ... | dans Autres Actus

La juge chargée d'examiner la demande d'expertise médicale formulée par l'opposition gabonaise pour évaluer la capacité du président Ali Bongo à gouverner après son AVC a été suspendue de ses fonctions.   Paulette... Lire la suite >

Au Burkina Faso, l’armée démunie face au péril djihadiste

Au Burkina Faso, l’armée démunie face au péril djihadiste
Ven 23 Aoû 2019 | Source : lemonde.fr ... | dans Autres Actus

Selon le dernier bilan, 24 militaires ont péri, lundi, dans une attaque perpétrée contre une caserne dans la province du Soum.   L’armée du Burkina Faso a connu, lundi 19 août, sa journée la plus noire depuis que ce pays d’Afrique ... Lire la suite >

Gouvernement nigérian: on prend les mêmes et on recommence

Gouvernement nigérian: on prend les mêmes et on recommence
Lun 05 Aoû 2019 | Source : slateafrique.com ... | dans Autres Actus

Le président nigérian Muhammadu Buhari, élu à 76 ans pour un second mandat en février, n'a toujours pas de gouvernement, mais les noms qu'il a soumis au Parlement pour approbation la semaine dernière suscitent déjà la polémique.   Ainsi... Lire la suite >

Du franc CFA à l'éco: l'avenir incertain de la future monnaie ouest-africaine

Du franc CFA à l'éco: l'avenir incertain de la future monnaie ouest-africaine
Lun 05 Aoû 2019 | dans Economie

En théorie, la nouvelle monnaie de la Cédéao, baptisée éco, doit entrer en circulation en 2020. Mais c’est sans compter les difficultés inhérentes à sa mise en place, et aussi les réticences de certains pays de l’UEMOA à... Lire la suite >

En Libye, les corps de 62 migrants repêchés après le « pire » naufrage de l’année

En Libye, les corps de 62 migrants repêchés après le « pire » naufrage de l’année
Lun 29 Juil 2019 | Source : lemonde.fr ... | dans Autres Actus

Le nombre de migrants présents à bord de l’embarcation ayant coulé dans la nuit de mercredi à jeudi demeure incertain, les chiffres fluctuant selon les sources.   Les corps de 62 migrants ont été repêchés vendredi 25 juillet... Lire la suite >

Ebola en RDC : le ministre de la santé démissionnaire révèle « les tentatives d’introduction illégale d’un vaccin expérimental »

Ebola en RDC : le ministre de la santé démissionnaire révèle « les tentatives d’introduction illégale d’un vaccin expérimental »
Lun 29 Juil 2019 | Source : lemonde.fr ... | dans Autres Actus

Dans la lettre de départ qu’il a adressée au chef de l’Etat congolais, Oly Ilunga dénonce les « pressions de toutes parts » qu’il a subies.   Il puise dans le champ lexical militaire pour décrire la délicate lutte en cours... Lire la suite >

Dans un Cameroun en proie aux crises, les prisons s'échauffent

Dans un Cameroun en proie aux crises, les prisons s'échauffent
Jeu 25 Juil 2019 | Source : slateafrique.com ... | dans Autres Actus

Des prisonniers qui dorment à même le sol, des rations alimentaires insuffisantes, des conditions d'hygiène déplorables: dans les prisons camerounaises, l'augmentation du nombre de détenus politiques et de séparatistes anglophones détériore... Lire la suite >

Mali : comment l'insécurité affecte le « grenier à riz » du pays

Mali : comment l'insécurité affecte le « grenier à riz » du pays
Mer 24 Juil 2019 | Source : afrique.lepoint.fr ... | dans Autres Actus

L'Office du Niger, très prisé par les agriculteurs, les éleveurs et les pêcheurs, est le plus grand aménagement hydro-agricole d'Afrique de l'Ouest. Il subit de plein fouet les conséquences des dégradations opérées par les ... Lire la suite >

Cameroun : comment la Suisse a poussé le président Paul Biya vers la sortie

Cameroun : comment la Suisse a poussé le président Paul Biya vers la sortie
Mer 10 Juil 2019 | Source : afrique.lepoint.fr ... | dans Autres Actus

Las des manifestations et incidents à répétition provoqués par la présence du président camerounais à Genève, la Confédération l'a encouragé à quitter le pays.   Paul Biya et son épouse Chantal... Lire la suite >

La Zlec est-elle vraiment une chance pour l’Afrique?

La Zlec est-elle vraiment une chance pour l’Afrique?
Mer 10 Juil 2019 | Source : RFI Afrique ... | dans Autres Actus

Une cinquantaine de chefs d’État et de gouvernement se réunissent ce 7 juillet à Niamey, au Niger, pour célébrer solennellement l’entrée en vigueur de la zone de libre-échange continental en Afrique (Zlec) qualifiée par le chef de... Lire la suite >

Vidéo à ne pas rater

ACTE Côte d'Ivoire / Le 10e anniversaire célébré dans la ferveur
Lun 02 Sep 2019 | dans: Objectif Développement

Nos Partenaires

NOUS SUIVRE

Qui Sommes-Nous?

New AsTV Le développement par la coopération   Servir de canal numérique au développement de l'Afrique par la coopération. Telle est la vision de New AsTV. De fait, nous nous sommes laissés guider par les relations que l'Afrique...

Lire plus

Contacts

Newsletter

FLASH INFOS