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Congo : comment devient-on la coiffeuse d’Antoinette Sassou Nguesso ?


Congo : comment devient-on la coiffeuse d’Antoinette Sassou Nguesso ?
Amédée Ebono dans son espace de beauté Ebonne Congo à Brazzaville. | PHOTO: Angel Mwana
Au cœur du quartier populaire d’Ouenzé, au nord de Brazzaville, le salon Ebone Congo, une oasis de luxe et de beauté. Ouverte en 2014, l’enseigne se détache des garages et des petits commerces, juste à côté. Mais tout n’est pas dit par l’escalier monumental que l’on aperçoit de la vitrine, les miroirs, le mobilier seventies orange chic sur 400 mètres carrés et deux étages. Rien n’est écrit mais tout le monde le sait : Amédée Ebono, la propriétaire, est aussi depuis dix-huit ans la coiffeuse de la première dame, Antoinette Sassou Nguesso.
 
Est-ce pour cette raison que les clientes sont déjà nombreuses, ce samedi matin ? Un employé secoue la tête. « Chez nous, samedi c’est le jour où tout le monde vient se faire beau, soit pour la semaine suivante, soit pour aller bringuer le soir », lâche-t-il.
 
Coiffer une première dame ? C’est le rêve de toute coiffeuse africaine. Combien ça rapporte ? Combien de fois par semaine ? Au palais présidentiel ou à la maison ? En voyage aussi ? Amédée Ebono refuse d’entrer dans les détails. « Je voulais être la meilleure coiffeuse du Congo, avoir le plus beau salon de Brazzaville, je voulais être la coiffeuse de la première dame. C’était ça mes objectifs dans la vie », dit-elle seulement.
 
Dans une famille pauvre
 
Rien ne prédestinait cette femme de 55 ans à pareil destin. Amédée Ebono est née à Ouesso, tout au nord du pays, à la frontière avec le Cameroun, dans une famille pauvre. Le père est absent, la mère travaille aux champs et veut faire d’Amédée une religieuse. Elle étudie dans un couvent jusqu’au CEP puis sa mère, sans ressource, l’envoie à Brazzaville aux bons soins de sa grande sœur. Elle passe le baccalauréat littéraire mais cela ne lui porte pas chance. « Au Congo, lorsque vous avez le baccalauréat, votre entourage estime que vous devez vous prendre en charge », dit-elle. Sa grande sœur la met à la porte. Amédée se retrouve à la rue. « Je me suis dit que je devais faire quelque chose de ma vie et pas me diriger vers une vie de débauche, poursuit-elle. Je dormais chez mes amis mais leurs parents ne voulaient pas me voir car j’étais synonyme de malheur. Je devais donc arriver chez eux tard la nuit et repartir à 5 h 30 ».
 
Passionnée de coiffure, Amédée Ebono décide d’apprendre ce métier. Elle fait ses premières armes chez Femina Coiffure en regardant les autres travailler, jusqu’à son premier client, un blanc. « Ce jour-là, tous les coiffeurs étaient absents et j’ai dû m’en charger. Cela n’a pas plu à l’équipe car il m’a recommandé à tout son réseau. En six mois, je suis devenue la coiffeuse la plus demandée du salon. » La suite est moins glorieuse. La jalousie des collègues conduit à son licenciement. Retour à la case départ pour la jeune femme, mère d’un nourrisson. « Au début, j’ai demandé des indemnités à mon ancienne responsable. Comme cela ne venait pas, je suis allée au marché acheter un casque à 25 000 francs CFA (38 euros), deux peignes et quelques produits élémentaires. »
 
Nous sommes en 1989, il n’y a pas Internet, les téléphones mobiles ne sont accessibles qu’à une infime partie de la population. L’unique moyen de s’en sortir est de faire du porte à porte, à la recherche de nouveaux clients. Au bout d’un an de ténacité, elle réalise son rêve et ouvre son premier salon Ebonne Lovers à Moungali, dans le quatrième arrondissement de Brazzaville. Le succès est tout de suite au rendez-vous. « Dans la capitale, tout le monde parlait d’elle », se souvient M. Le Blanc, collaborateur de longue date de « Madame la directrice », comme il l’appelle.
 
« La première dame a besoin de vous  »
 
La fortune arrive avec la guerre civile. En 1997, le conflit a fait fuir les coiffeuses congolaises de Kinshasa, qui tenaient le haut du marché à Brazzaville. Une cliente se présente à Ebonne Lovers pour se faire coiffer et tisser. Et revient souvent. « Un jour, se souvient Amédée Ebono, des hommes viennent me chercher chez moi et me disent : “La première dame a besoin de vous ”. Je réponds : “De moi ?” J’enfile une paire de claquettes, toute perdue et je les suis. Me voici à la présidence. Je vois la première dame. Est-ce parce que je l’ai tellement demandé au Seigneur ? C’était mon rêve. Elle me met à l’aise, me demande quel est mon parcours, je lui raconte. Pendant que je la tisse, une femme entre dans la pièce, c’était ma fameuse cliente qui n’était autre que sa petite sœur. »
 
Amédée Ebono et Antoinette Sassou Nguesso, la coiffeuse et la première dame, ne se quitteront plus. On les retrouve dans tous les voyages présidentiels, aux Etats-Unis, en France, en Italie. « C’est au Brésil, il y a trois ans, que j’ai découvert une autre dimension de la beauté, un salon qui regroupait coiffure, manucure, pédicure, massages, tout. J’ai décidé d’importer ce concept à Brazzaville. »
 
Aujourd’hui, Amédée Ebono rêve d’ouvrir des Ebonne Congo à Kinshasa, Cotonou, Dubai et aux Etats-Unis. Plus modestement, elle pense aussi ouvrir un centre de formation à Brazzaville. « Je veux révolutionner et démocratiser le secteur de la beauté au Congo », dit-elle.
 
Mais pourquoi se montre-t-elle si discrète sur ses activités pour la première dame ? « Je ne veux rien raconter sur le couple présidentiel », répond-elle. La raison est peut-être ailleurs. Certains, à Brazzaville, se demandent si la première dame n’a pas investi dans le salon Ebonne Congo. La patronne dément vivement : « C’est un investissement personnel, et la première dame n’est jamais venue dans ce salon. »

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