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Mme Dlamini-Zuma et l’Union africaine : chronique d’un rendez-vous manqué


Mme Dlamini-Zuma et l’Union africaine : chronique d’un rendez-vous manqué
La présidente de la Commission de l’Union africaine, Nkosazana Dlamini-Zuma à Durban, le 19 décembre 2016. | PHOTO: RAJESH JANTILAL/AFP
Bilan très décevant pour la Sud-Africaine, élue en 2012 sur d’ambitieuses promesses. Elle aurait pu être la femme la plus puissante d’Afrique, elle n’a été qu’une voix inaudible.
 
Promesses alléchantes pour les uns, menaces à peine voilée pour les autres : l’Afrique du Sud avait utilisé la technique du rouleau compresseur pour évincer en 2012 le Gabonais Jean Ping de la présidence de la Commission de l’Union africaine (UA) et imposer à sa place son ex-ministre des affaires étrangères, Mme NKosazana Dlamini-Zuma.
 
Alors que les chefs d’Etat africains doivent désigner, lundi 30 janvier, à Addis-Abeba, lors de leur 28e Sommet un nouveau président de la Commission de l’UA, force est de constater que Mme Zuma n’a pas tenu les grandes promesses de sa campagne électorale de 2012. Voici cinq dossiers majeurs, en plus d’autres manquements ou échecs, comme la paralysie de l’UA lors de la crise Ebola ou son incapacité à tenir tête à certains chefs d’Etat qui ont entrepris de modifier ou de contourner leur Constitution pour se maintenir au pouvoir.
 
Leadership africain
 
Lors de sa campagne pour la présidence de la Commission, Mme Zuma avait fortement critiqué l’effacement de l’UA dans la gestion de la crise libyenne et de la crise post-électorale de 2011 en Côte d’Ivoire. L’Afrique du Sud avait alors accusé Jean Ping d’avoir aligné l’UA sur les positions de la France.
 
Mme Dlamini-Zuma s’était engagée une fois élue à travailler pour le leadership africain dans la gestion des crises sur le continent, promettant « des solutions africaines aux problèmes africains ». A l’heure du bilan, on constate qu’il n’en a rien été. La voix de l’UA n’a été prépondérante ni au Soudan du Sud, ni en Centrafrique, ni au Mali, ni Libye. Symbole emblématique de cet échec, le Burundi, où l’UA a été incapable de déployer un contingent militaire après en avoir fait la promesse publiquement.
 
Indépendance financière de l’UA laissée en plan
 
Le budget de l’UA repose principalement sur les contributions de ses Etats membres. L’Afrique du Sud, l’Algérie, l’Egypte, la Libye et le Nigeria sont les cinq plus gros contributeurs de l’organisation panafricaine. En raison des arriérés de cotisations de très nombreux pays, l’UA se retrouve sans moyens suffisants et doit compter sur l’aide financière de partenaires pour financer ses actions. C’est le cas de la force de paix africaine en Somalie (Amisom) financée pour près de 98 % par l’Union européenne. En prenant ses fonctions, Mme Zuma s’était engagée à travailler pour « la souveraineté financière » de l’Afrique. Elle s’en va sans avoir pu véritablement engager ce chantier.
 
Inefficacité de la Commission
 
Comme toutes les organisations internationales, l’UA a souvent été critiquée pour ses lourdeurs bureaucratiques. Il est tout particulièrement reproché à la Commission de l’UA le faible taux d’exécution des décisions issues du Sommet : 35 % seulement selon un rapport rendu public en 2012 par de nombreuses ONG. Là encore, Mme Dlamini-Zuma avait promis des changements révolutionnaires grâce notamment à la chasse aux fonctionnaires payés à ne rien faire. Elle avait également promis de mettre fin aux recrutements de complaisance. Ses résultats sur l’amélioration de l’efficacité de la Commission ne sont guère plus brillants que ceux obtenus sur le leadership africain. La preuve de la persistance des lourdeurs bureaucratiques paralysantes de l’UA est d’ailleurs apportée par sa gestion du dossier du financement de la Force mixte multinationale (FMM) chargée de lutter contre Boko Haram dans le bassin du lac Tchad. Alors que l’Union européenne a fait toutes les diligences nécessaires pour transférer à l’UA le premier décaissement de 31 millions d’euros sur les 50 millions d’euros promis, ce montant est resté coincé pendant plusieurs mois à Addis-Abeba sans être mis à la disposition de la Commission du bassin du lac Tchad (CBLT).
 
Favoritisme pour l’Afrique du Sud
 
Avant d’entrer en fonction, le président de la Commission fait devant les chefs d’Etat le serment de ne « prendre ni solliciter des ordres ou avis d’aucun gouvernement », même pas le sien.
 
Or Mme Zuma a fait venir une garde rapprochée sud-africaine directement fournie par le gouvernement sud-africain. Il s’agit d’une entorse à la règle qui veut que la sécurité du président de la Commission de l’Union soit assurée par l’Ethiopie, pays hôte. Mieux que cela, Mme Zuma a créé une sorte de « shadow cabinet » avec des diplomates sud-africains qu’elle a fait venir à Addis-Abeba. La réalité du pouvoir de décision à l’UA sous Mme Zuma reposait entre les mains des membres de ce circuit parallèle payés directement par l’Afrique du Sud. Prenant acte de son affaiblissement, le Burkinabé Jean-Baptiste Natama, premier directeur de cabinet de Mme Zuma, avait jeté l’éponge pour rentrer au Burkina Faso et se présenter à la présidentielle de novembre 2015.
 
 
La décision de Mme Dlamini-Zuma de ne pas solliciter de second mandat à la tête de la Commission pour pouvoir rentrer en Afrique du Sud afin de prendre les rênes de l’African National Congress (ANC) n’a guère été appréciée par une partie de l’opinion africaine qui considère qu’elle a renoncé à servir le continent par calculs personnels. En effet, après la présidence de l’ANC en 2017, elle ambitionne de devenir présidente de la République sud-africaine en 2019.
 
Tentatives de médiation en RDC et au Sahel
 
Il faut cependant mettre au crédit de Mme Dlamini-Zuma d’avoir tenté de reprendre la main sur la situation politique en République démocratique du Congo (RDC) en mettant à la disposition des acteurs politiques du pays un facilitateur en la personne de l’ancien premier ministre togolais Edem Kodjo. Cette initiative a abouti à la signature, en octobre 2016, d’un accord de sortie de la crise politique, lequel a pourtant été immédiatement contesté par une partie de l’opposition qui a boycotté le processus. Le véritable accord interviendra le 31 décembre 2016, sous l’égide de l’Eglise catholique (CENCO).
 
La présidente sortante de la Commission de l’UA a également pris très tôt la décision salutaire d’ouvrir à Bamako, au Mali, un bureau chargé de suivre, sous la direction de l’ancien président burundais Pierre Buyoya, la situation au Sahel, région confrontée à des graves défis de sécurité et de développement. Elle a par ailleurs ici et là pris de bonnes initiatives qui ont fini par être contrariées par les chefs d’Etat, tout en décevant beaucoup par son incapacité à peser sur les crises au Burundi ou au Soudan du Sud.
 
Reste que Mme Dlamini-Zuma a déçu les grandes espérances suscitées par l’élection de la première femme à la présidence de la Commission, et qu’elle n’a pas tenu les promesses qu’elle avait faites en 2012. Elle aurait pu être la femme la plus puissante d’Afrique, elle n’a été qu’une voix inaudible.

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