NewAstv, plus qu'un médium, un compagnon
New AsTV: Une bonne communication grâce au professionnalisme d'une équipe
New AsTV: Vous y êtes, ne naviguez plus
New AsTV pour mieux communiquer en diplomatie
New AsTV: Savourez votre plaisir à communiquer
New AsTV: Ne vous en laissez pas compter
New AsTV: Vous êtes au cœur de l'événement
New AsTV, et la coopération bilatérale devient facteur de développement des peuples
New AsTV: Notre concept, la communication en partage
New AsTV: Partenaire au développement culturel africain

Tchad : ce combat du quotidien à N'Djaména


Tchad : ce combat du quotidien à N'Djaména
À l'instar de nombreuses capitales africaines, N'Djaména est une ville qui a subi les assauts de l'exode rural avec tout ce que cela comporte comme difficultés. | PHOTO: Philippe Desmazes/AFP
REPORTAGE. Alors que le pays tourne au ralenti du fait de la chute des cours du pétrole, les habitants de N'Djaména se serrent la ceinture.
 
« On se défend. » Ces quelques mots résonnent sans cesse dans les rues poussiéreuses de N'Djaména. Cet après-midi-là, le brouillard de sable et de pollution, « Adjadj », enveloppe la capitale politique du Tchad, assombrissant le ciel et plombant l'air. Selon les dires, cette brusque apparition est un signe précurseur de malheur. Un augure qui prend, cette année, une résonance toute particulière. Depuis quelques mois, la ville de deux millions d'habitants tourne au ralenti, frappée par une crise économique sans précédent. Les terrasses ombragées des bars peinent à se remplir, les clandos (taxis-motos) scrutent l'arrivée de clients potentiels, et les allées labyrinthiques du marché du centre-ville, d'habitude bondées, sont presque désertes. Pour attirer les clients, les commerçants ont cruellement revu les prix à la baisse. 
 
Comme ici, au marché de Dembé. « Mon maquereau est à 1 000 francs CFA alors qu' il était à 3 000 francs CFA il y a quelques mois », déplore Fatime, vendeuse de poissons, installée à même le sol sablonneux. La jeune femme de 27 ans, affublée d'un tablier délavé, renchérit : « Les clients négocient de plus en plus les prix, et on est obligé de l'accepter pour vendre nos produits. » À quelques mètres de là, Abasa, une quarantaine d'années, plie minutieusement ses pagnes à vendre. « Les temps sont très durs. Le tissu est passé de 6 000 à 9 000 francs CFA les cinq mètres. Je ne fais quasiment plus de bénéfices », explique la Tchadienne qui tient son étale en bois depuis près de dix ans. 
 
Vivre au jour le jour 
 
« La grande majorité de la population se débrouille au jour le jour pour survivre », observe Daouda Elhadj Adam, président de l'association de défense des droits des consommateurs au Tchad (ADC). « Par le passé, la ménagère faisait des stocks et dépensait sans compter notamment à l'approche des fêtes. Elle achète désormais des quantités journalières et les négocie. Ce comportement, de plus en plus rationnel, tire les prix de vente vers le bas alors que les grossistes, eux, n'ont pas baissé leurs prix », poursuit-il. Ainsi, la viande, aliment le plus consommé du pays, a subi une baisse de 20 % depuis 2008. « Il y a eu plusieurs tentatives de régulation du marché depuis 2008. Faute de contrôle, les mesures prises n'ont pas fonctionné », conclut l'expert en consommation. 
 
De fait, le mal ronge le pays depuis la brusque chute des cours du pétrole. Le baril de brut est tombé de 100 à moins de 50 dollars il y a deux ans. C'est la conséquence d'une addiction à l'or noir qui a débuté en juillet 2003 avec l'exploitation du gisement de Doba dans le sud du Tchad. Les recettes du pays ont baissé de 45 % en 2016, tandis que le déficit budgétaire affiche 274 millions de francs CFA (environ 411 millions de dollars), selon les estimations du ministère de l'Économie. L'État ne reçoit presque plus rien de la vente de son pétrole, qui est absorbée par le remboursement des créances colossales contractées auprès du trader suisse Glencore : un emprunt de plus d'un milliard de dollars. Les différentes tentatives pour obtenir le rééchelonnement de la dette ayant échoué. 
 
Seize mesures d'urgence 
 
Partout à N'Djaména, chacun y va de son astuce pour « se défendre », s'en sortir. « Je vais aller chercher du travail en Guinée, ce sera plus facile pour faire vivre ma famille », explique Idriss, installé au volant de son taxi jaune décoré de moumoutes beiges qu'il fait rouler depuis quatre ans. Quant à Tara, une gardienne de résidence d'une trentaine d'années, elle enchaîne les petits boulots pour payer l'école de ses deux enfants. « Après ma journée de travail, je propose à des clients de leur faire à manger ou le ménage pour gagner un petit billet en plus », confie la maman célibataire, toujours un large sourire aux lèvres. 
 
Depuis le 31 août, les tensions de trésorerie du pays sont apparues au grand jour lorsque le conseil des ministres extraordinaire a adopté « seize mesures de réforme d'urgence ». Objectif : réduire les charges, augmenter les recettes et améliorer l'efficacité de la dépense publique. Car le Tchad a vécu longtemps au-dessus de ses moyens, dopé par une croissance record d'environ 13 % de son produit intérieur brut (PIB) en 2010. Tablant sur d'importants revenus pétroliers, les autorités ont gonflé les dépenses budgétaires en augmentant notamment le salaire des fonctionnaires. « La réalité nous a rattrapés, maintenant, on refuse de revenir en arrière. Mais on est obligé de revenir en arrière, on va être là où on était en 2003 », avait alors annoncé sans détour le président Idriss Déby Itno lors d'une assemblée générale des opérateurs économiques du Mouvement patriotique du salut (MPS), le parti au pouvoir, tenue mi-novembre. 
 
Une déclaration qui a fait grincer bien des dents, jusque dans les bureaux de l'Union des syndicats du Tchad, aux portes du quartier populaire et mouvementé de Kabalaye. Installé à son bureau sur lequel trônent un drapeau tchadien miniature et des piles de dossiers, Younous Mahadjir, le vice-président, ne décolère pas. « La pauvreté va davantage s'aggraver », tempête-t-il avant de poursuivre : « En diminuant le salaire des fonctionnaires et leurs indemnités, l'argent ne circulera plus dans l'économie du pays et les travailleurs informels se tireront difficilement un salaire. » Pour le syndicaliste, il est avant tout nécessaire de s'attaquer à « la mauvaise gouvernance ». Le pays figure à la 147e place sur 168 du baromètre de la corruption 2015 (il était à la 163e place en 2013) établi par Transparency International.
 
« Rationaliser l'économie »
 
Un constat partagé par Issa Mahamat Abdelmamout. Dans sa maison, assis sur son canapé à l'abri du soleil ardent, cet ancien inspecteur général d'État adjoint à la présidence de la République, sirote un thé brûlant au gingembre. Et prend le temps d'étayer son analyse. Pour l'auteur de l'ouvrage Tchad : comment sortir de la crise économique, il est essentiel de « rationaliser l'économie ». « Nous avons toujours été un pays en guerre, nous n'avons jamais pensé à développer un climat propice aux investisseurs. Certes, nous sommes dans une phase d'apaisement, mais il y a un cruel manque de confiance en nos institutions, ce qui ralentit tout investissement », explique l'enseignant chercheur, qui fait référence au programme quinquennal 2017-2021. Sur la base de projets « bancables » et de promesses de bonne gouvernance, le gouvernement tchadien a levé en novembre plus de 17 milliards d'euros d'engagements auprès de 34 bailleurs de fonds pour financer son Plan national de développement (PND). 
 
En attendant, le brouillard s'épaissit sur N'Djaména et la nuit tombe. Le grand marché du centre-ville de la capitale tchadienne se vide de ses commerçants et petits vendeurs ambulants. Les centaines d'entrepôts stockant les marchandises se ferment à double tour les uns après les autres. Le long de la route sablonneuse, les femmes portent toutes sortes de choses dans les bras ou sur les têtes, souvent par espoir de vendre un dernier morceau de viande ou un dernier fruit. Dans la cohue de fin de journée et l'air étouffant, une jeune vendeuse de citrons compte ses gains de la journée. Les prochains jours seront difficiles. « Je ne sais pas comment je vais faire manger mes enfants », lâche-t-elle.  
 

 Commentaires

LIRE AUSSI...

RD Congo - Emmanuel Biey : « L'anarchie à tous les niveaux »

RD Congo - Emmanuel Biey : « L'anarchie à tous les niveaux »
Mer 17 Jan 2018 | Source : afrique.lepoint.fr ... | dans Economie

ENTRETIEN. Pour cet ex-directeur de la régie d'assainissement de Kinshasa, le changement climatique n'est pour rien dans les inondations meurtrières récemment connues par la capitale congolaise. Explications.   Un deuil national de deux jours a été... Lire la suite >

« Le tri des migrants devrait davantage intéresser nos dirigeants que la dernière outrance de Trump »

« Le tri des migrants devrait davantage intéresser nos dirigeants que la dernière outrance de Trump »
Mer 17 Jan 2018 | Source : lemonde.fr ... | dans Autres Actus

Pour notre chroniqueur, la polémique sur les « pays de merde » ne doit pas masquer le véritable enjeu : les politiques migratoires des Etats-Unis et de l’Europe.   Chronique. Après les Noirs, les musulmans, les Latinos, les femmes, les homosexuels,... Lire la suite >

Trump traite Haïti et des nations africaines de « pays de merde »

Trump traite Haïti et des nations africaines de « pays de merde »
Sam 13 Jan 2018 | Source : lemonde.fr ... | dans Autres Actus

Selon le « Washington Post », il a tenu ces propos alors qu’il recevait plusieurs sénateurs pour évoquer un projet proposant de limiter le regroupement familial.     « Pourquoi est-ce que toutes ces personnes issues de pays de merde viennent... Lire la suite >

Au Liberia, le nouveau président Weah comptable d’un beau moment démocratique

Au Liberia, le nouveau président Weah comptable d’un beau moment démocratique
Sam 13 Jan 2018 | Source : lemonde.fr ... | dans Politique

Il revient à l’ancienne star du football, élu fin décembre 2017 à la tête du pays, de ne pas brader la confiance, ni les espoirs placés en lui par l’électorat.   Analyse. L’élection de George Weah à la présidence... Lire la suite >

Les réseaux africains de « Monsieur Alexandre » Djouhri

Les réseaux africains de « Monsieur Alexandre » Djouhri
Ven 12 Jan 2018 | Source : lemonde.fr ... | dans Autres Actus

L’ancien caïd de banlieue est devenu un intermédiaire international de haut vol en soignant ses relations avec les pouvoirs gabonais, libyen, congolais ou algérien.   Dimanche 7 janvier, la police britannique est convaincue que l’homme qu’elle a arrêté... Lire la suite >

En Angola, le fils de l’ex-président Dos Santos limogé du fonds d’investissement souverain

En Angola, le fils de l’ex-président Dos Santos limogé du fonds d’investissement souverain
Ven 12 Jan 2018 | Source : lemonde.fr ... | dans Politique

Depuis sa prise de fonction en septembre 2017, le président Joao Lourenço a commencé à démanteler l’empire politico-financier bâti par son prédécesseur.   Le président angolais Joao Lourenço a démis de ... Lire la suite >

Au Sénégal, décès du septième calife général de la confrérie mouride

Au Sénégal, décès du septième calife général de la confrérie mouride
Jeu 11 Jan 2018 | Source : lemonde.fr ... | dans Culture

Le nouveau dignitaire a été choisi dans la nuit. Le président Macky Sall est arrivé à Touba pour présenter aux croyants les condoléances de la nation.   C’est dans la nuit de mardi 9 à mercredi 10 janvier que l’un des... Lire la suite >

Le succès du Tramadol en Afrique de l'Ouest, un dangereux antidouleur

Le succès du Tramadol en Afrique de l'Ouest, un dangereux antidouleur
Jeu 11 Jan 2018 | Source : RFI ... | dans Autres Actus

Au Nigeria, les autorités ont saisi le mois dernier, près de 115 tonnes de médicaments interdits au port de Lagos. Il s'agit, selon les autorités, de six conteneurs remplis de Tramadol, un antidouleur, dont la vente est limitée et contrôlée à... Lire la suite >

Soupçons de financement libyen : Alexandre Djouhri, proche de Sarkozy, placé en garde à vue à Londres

Soupçons de financement libyen : Alexandre Djouhri, proche de Sarkozy, placé en garde à vue à Londres
Mer 10 Jan 2018 | Source : lemonde.fr ... | dans Société

L’homme d’affaires a été arrêté dans le cadre de l’enquête sur un possible financement du régime libyen de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007.   Depuis le 7 septembre 2016, date d’une convocation... Lire la suite >

Afrique : ces applications agricoles qui boostent le Ghana

Afrique : ces applications agricoles qui boostent le Ghana
Mer 10 Jan 2018 | Source : afrique.lepoint.fr ... | dans Economie

Elles s'appellent Farmerline, CowTribe ou Ghalani : ce sont des applications 100 % agricoles qui permettent au pays d'inventer l'agriculture de demain. Découverte.   Voilà une solution numérique qui répond à l'une des incantations actuelles... Lire la suite >

"Que les médiocres dégagent": Mgr Monsengwo, la bête noire de Kabila

Mar 09 Jan 2018 | Source : slateafrique.com ... | dans Autres Actus

L'archevêque de Kinshasa Laurent Monsengwo, figure de la puissante Eglise congolaise et du Vatican, ressort la carte du défi frontal au pouvoir en ce début d'année 2018 cruciale pour la République démocratique du Congo, un an après la médiation... Lire la suite >

Sénégal: un des survivants de la tuerie en Casamance témoigne

Sénégal: un des survivants de la tuerie en Casamance témoigne
Mar 09 Jan 2018 | Source : RFI ... | dans Autres Actus

Le président sénégalais, Macky Sall a décrété deux jours de deuil à partir de ce lundi à la mémoire des 13 jeunes tués samedi dans une forêt protégée de Casamance. Une délégation ministérielle... Lire la suite >

Sénégal : la Casamance va-t-elle à nouveau s'enflammer ?

Sénégal : la Casamance va-t-elle à nouveau s'enflammer ?
Lun 08 Jan 2018 | Source : afrique.lepoint.fr ... | dans Autres Actus

La question mérite d'être posée après l'attaque perpétrée ce samedi à Boffa et attribuée à des éléments armés supposés appartenir au Mouvement des forces démocratiques de la Casamance (MFDC). ... Lire la suite >

Afrique-États-Unis : le message sans ambigüité de Trump sur l'AGOA

Afrique-États-Unis : le message sans ambigüité de Trump sur l'AGOA
Lun 08 Jan 2018 | Source : afrique.lepoint.fr ... | dans Economie

La Loi sur la croissance et les opportunités de développement en Afrique (AGOA) permet aux pays d'Afrique subsaharienne qui en bénéficient d'exporter sur le marché américain sans droit de douanes. Avec l'administration Trump, l'esprit de solidarité... Lire la suite >

Au Burkina Faso, un ancien ministre de la sécurité inculpé « d’atteinte à la sûreté de l’Etat »

 Au Burkina Faso, un ancien ministre de la sécurité inculpé « d’atteinte à la sûreté de l’Etat »
Sam 06 Jan 2018 | Source : lemonde.fr ... | dans Politique

Le colonel Auguste Denise Barry est accusé d’avoir mis en place un mouvement insurrectionnel pour déstabiliser le régime actuel.   Après deux ans et demi d’ombre, le colonel Auguste Denise Barry revient dans la lumière, malgré lui.... Lire la suite >

Lutte contre la corruption : Accra prend le taureau par les cornes

Lutte contre la corruption : Accra prend le taureau par les cornes
Sam 06 Jan 2018 | Source : afrique.lepoint.fr ... | dans Economie

Éradiquer la corruption dans la vie publique du Ghana était l'une des promesses majeures du président Nana Addo-Akufo. Où en est-il aujourd'hui ?   Le débat sur la lutte contre la corruption est relancé au Ghana. Il bat même son... Lire la suite >

Vidéo à ne pas rater

LYNAYS-Concepteur de solutions énergétiques
Jeu 26 Oct 2017 | dans: Objectif Développement

Nos Partenaires

NOUS SUIVRE

Qui Sommes-Nous?

New AsTV Le développement par la coopération   Servir de canal numérique au développement de l'Afrique par la coopération. Telle est la vision de New AsTV. De fait, nous nous sommes laissés guider par les relations que l'Afrique...

Lire plus

Contacts

Newsletter

FLASH INFOS