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Souleymane Bachir Diagne : "L'éducation est la seule vraie réponse aux défis auxquels l'islam fait face"


Souleymane Bachir Diagne :
Le philosophe Souleymane Bachir Diagne fait partie des plus illustres penseurs contemporains. | PHOTO: DR
ENTRETIEN. Défis posés à l'islam et à la démocratie, impact de l'éducation, relations Afrique-France, Trump... : le grand penseur sénégalais ouvre de passionnantes pistes de réflexion.
 
Alors que l'Afrique, à l'instar de tous les continents, est secouée par l'islamisme et que sa marche vers la démocratie est loin d'être tranquille, perturbée qu'elle est par des contingences locales à la fois politiques, économiques et sociales, la parole de Souleymane Bachir Diagne est précieuse. Considéré comme l'un des plus grands penseurs de notre temps, ce Sénégalais, professeur à Columbia University à New York, est l'auteur, entre autres ouvrages, de Comment philosopher en islam ? (éditions Philippe Rey), mais aussi de L'Encre des savants (Présence africaine), un livre qui éclaire sur l'approche propre et multiple qu'ont les Africains de nombre de questions, dont la politique et le temps. L'éclairage de Souleymane Bachir Diagne vaut le détour. Illustration.
 
Le Point Afrique : professeur à Columbia University, vous êtes aux premières loges pour donner une appréciation sur Trump, l'impact de sa politique au niveau interne, notamment par rapport aux migrants d'origine africaine, mais aussi sur l'Afrique qui doit être accompagnée par les pays riches sur le chemin des solutions au changement climatique ?
 
Souleymane Bachir Diagne : S'agissant de l'impact de la politique de Trump sur l'immigration aux États-Unis, quand on est dans une université comme la mienne, Columbia University, on est forcément aux premières loges pour savoir de quoi on parle. Dès le début de la présidence Trump, mon université Columbia a déclaré qu'elle faisait partie des établissements qui ne sont pas prêts à collaborer avec l'organisation fédérale qui a pour mission de traquer les immigrants illégaux et de les expulser. Le président Trump s'est en effet empressé de revenir sur la politique de Barack Obama en matière de protection de ce que l'on appelle ici les dreamers, c'est-à-dire les immigrants illégaux qui sont arrivés enfants aux États-Unis. Toutefois, je viens de lire dans la presse que le président Trump serait en passe de rétropédaler et de reconsidérer la mise en œuvre d'une telle politique. Mais cela est récent et reste à confirmer. Lorsque l'on vit à Columbia, on est à côté d'un quartier de Harlem qui s'appelle Little Senegal, où réside – comme son nom l'indique – une importante communauté sénégalaise. Et il y a eu beaucoup d'émoi ces derniers mois au sein de cette communauté, qui compte un certain nombre d'illégaux. Depuis, les choses se sont quelque peu calmées, mais l'impact, ne fût-ce que sur le plan émotionnel, est certain.
 
S'agissant de l'autre aspect, celui qui concerne les engagements pris sous la présidence Obama dans le cadre de l'accord de Paris sur le climat en décembre 2015 pour protéger notre planète Terre, la décision de Donald Trump de suspendre la participation des États-Unis à cet accord universel est tout simplement catastrophique.
 
Que dit de l'Amérique la défiance exagérée de Trump envers l'islam  ?
 
Ce fut en effet l'un des grands aspects de sa campagne. Dès avant sa présidence, une grande partie des propos de Donald Trump ont été dirigés contre les immigrés mexicains. On l'a entendu dire des choses terribles contre les « bad hombres », comme il les avait surnommés. Dans ce contexte, en termes de propos haineux, les musulmans ont été servis plus souvent qu'à leur tour. Ces propos ne sont pas restés sans conséquence. Il y a eu une montée en flèche du nombre d'incidents islamophobes dans le pays. Il ne s'agit donc pas de simples propos sans conséquence, car, combinés les uns aux autres, ils créent un climat délétère, installé par ce genre de rhétorique et qui rend possibles toutes les violences.
 
Le « muslim ban », promis par le candidat et qui s'est traduit dans le décret pris par Trump pour interdire aux ressortissants de six pays musulmans d'entrer aux États-Unis, est symptomatique d'un tel contexte. Il a été d'ailleurs annulé par la justice américaine, qui s'est, pour ce faire, notamment référée aux propos de campagne de Trump pour cerner les intentions réelles de cette mesure et la déclarer finalement, et à deux reprises, non conforme au droit américain.
 
Puis Trump s'est rendu en Arabie saoudite avec l'intention déclarée de faire la paix avec le monde musulman. De fait, il apparaît y avoir fait amende honorable à travers quelques déclarations dans lesquelles il semble être revenu quelque peu sur ses propos antérieurs. Si celles-ci étaient suivies d'effet, ce serait une bonne chose, car le climat qui a prévalu jusqu'à présent, régulièrement nourri de propos haineux envers l'islam et les musulmans, était encore une fois particulièrement délétère.
 
Victoire du populisme aux États-Unis, victoire du « dégagisme » en France. Qu'est-ce que cela dit de la démocratie dans ces deux grands pays qui inspirent la démocratie à travers le monde ?
 
Je placerai ce qui s'est passé en France à part. Car, au fond, même s'il est vrai qu'il y a eu « dégagisme », on a le sentiment qu'avec la victoire du président Emmanuel Macron la démocratie a fini par l'emporter. L'élection de Marine Le Pen aurait été, à l'inverse, un véritable désastre sur le plan de la démocratie. Mais il est vrai qu'il y a la montée des populismes, couplée au fait que la démocratie, au fond, ne suscite plus le même enthousiasme. On a l'impression qu'il y a un déficit démocratique dont on s'accommode volontiers dans un certain nombre de pays. C'est le cas, me semble-t-il, dans certains pays en Europe de l'Est, où l'adhésion à l'Union européenne et aux principes démocratiques est moins évidente, où l'enthousiasme de l'immédiat après-chute du mur de Berlin semble être retombé.
 
Il y a aujourd'hui des pays qui sont en régression démocratique. C'est très dangereux. Cela prépare un monde du repli sur soi, de la fragmentation, de la tribu finalement dans laquelle on se retracte sur des identités étroitement définies par opposition à d'autres. Un monde où l'idée d'humanité en général ne semble plus avoir grand sens. On l'a constaté à l'occasion de la crise des réfugiés. On le voit malheureusement aujourd'hui dans le succès relatif que rencontrent les populismes, surtout si ceux-ci appellent à une fermeture sur soi, contre les réfugiés, les immigrés, les populations différentes, même lorsqu'il s'agit de populations de citoyens – l'Europe étant devenue aujourd'hui multiculturelle. C'est également une fermeture qui joue contre l'Europe dans le sens où elle entrave la construction européenne.
 
Salle de cinéma de l'institut Français. Discussion « Universalisme, décolonialité et mutualité ». De gauche à droite : Françoise Vergès, Souleymane Bachir Diagne, Abdourahmane Seck. © Photo Antoine Tempé
 
Quel regard posez-vous sur la démocratie et son exercice en Afrique ?
 
La démocratie en Afrique avait connu une avancée heureuse ces dernières années. Ce qu'on a appelé les « transitions démocratiques » a eu lieu. Pendant très longtemps, les démocraties sur le continent africain se comptaient sur les doigts d'une seule main. Dans les années 1980, l'un de mes compatriotes sénégalais, Benoît Saliou Ngom, avocat spécialiste des droits humains, avait écrit un livre intitulé Afrique, le continent oublié des droits de l'homme. Ce n'est plus le cas aujourd'hui. Il y a eu depuis des avancées réelles et majeures. Les alternances démocratiques paisibles ne sont plus du tout une exception. Les autocraties sont sur la défensive. Cela étant, on voit des régressions ici ou là. En particulier la fameuse « régression du troisième mandat » qui voit le pouvoir en place accepter l'idée d'une limitation du nombre de mandats afin qu'il y ait respiration démocratique ; puis, quand ces mandats arrivent à leur terme, le pouvoir est tenté de modifier la Constitution pour se perpétuer, ce qui est extrêmement dangereux. Mais enfin, la tendance lourde, globale en Afrique, va dans le sens d'un affermissement de la démocratie.
 
Cela dit, il faut se rendre compte que la démocratie est un régime fragile. Jusqu'à quel niveau de pauvreté la démocratie peut-elle réellement fonctionner ? Lorsqu'il y a beaucoup de désespoir dans la société, quand vous avez des jeunes qui ne savent plus à quel saint se vouer, qui peuvent être tentés par l'immigration ou toutes sortes de fanatismes, on se rend compte que cette démocratie est extrêmement précaire et qu'il faut veiller à préserver ces acquis démocratiques qui sont réels mais fragiles sur le continent africain.
 
Le Sénégal, pays à majorité musulmane, est un phare de la démocratie sur le continent. En quoi l'islam, selon vous, est-il compatible avec la démocratie ?
 
Il est tout à fait pertinent de rappeler que le Sénégal a une solide tradition démocratique. Parce qu'au fond la fameuse question de la compatibilité de l'islam avec la démocratie n'est pas une question théorique. C'est une question éminemment pratique. Si on regarde dans le monde le nombre de pays musulmans qui sont des démocraties, ils ne sont pas très nombreux, mais ils existent. Et leur nombre va en augmentant. Donc la réponse à la question de la compatibilité entre islam et démocratie ne peut qu'être pratique, empirique. Car, si on pose cette question en considérant les seuls aspects théoriques, en se demandant ainsi si quelque chose dans l'essence même de l'islam s'oppose à quelque chose dans l'essence même de la démocratie, une telle question ne peut pas trouver de réponse. Il suffit de la poser pour n'importe quelle religion pour se rendre compte de cela. Si je pose la question de savoir si le catholicisme est compatible avec la démocratie, et si je regarde l'histoire du catholicisme, des révolutions et des contre-révolutions en France, j'ai tendance à répondre non. Mais, si je considère l'histoire de la République en France au XXe siècle, alors j'ai tendance à dire oui. Donc la réponse à la question de la compatibilité entre quelque religion que ce soit et la démocratie est toujours d'ordre pratique. De ce point de vue, des pays comme le Sénégal, la Tunisie, la Turquie, l'Indonésie, la Malaisie ou encore d'autres, en dépit de régressions démocratiques conjoncturelles toujours possibles, sont en train de faire la preuve que démocratie et islam peuvent parfaitement coexister.
 
Alors que Daech et Al-Qaïda terrorisent la terre entière, où situez-vous les défis que l'islam doit relever en ce début de XXIe siècle ?
 
Malheureusement, le terrorisme est aujourd'hui universel. Les musulmans, par conséquent, font face à cet énorme défi dont ils sont – il faut le rappeler – les premières victimes. Les pays les plus touchés par le terrorisme sont en effet les pays musulmans. Qui plus est, ce terrorisme, qui se réclame de la religion musulmane, défigure cette dernière. Et celle-ci est, au surplus, défigurée par ceux qui considèrent que l'islam serait naturellement porteur de violence, comme l'attestent les nombreux propos islamophobes qui ont libre cours dans la conjoncture.
 
Face à ce défi, le monde musulman doit répondre en particulier en faisant en sorte que la transmission aux jeunes générations de l'islam comme tradition spirituelle et intellectuelle que cette religion est – et qu'on a tendance à oublier aujourd'hui – puisse effectivement s'opérer. L'islam n'est tout de même pas né le 11 septembre 2001 ! C'est important de le dire, car aujourd'hui il y a une crise de la transmission. C'est donc un défi majeur auquel l'islam doit répondre.
 
Comment pensez-vous que l'islam va évoluer en Afrique ces prochaines années ?
 
L'évolution de l'islam en Afrique, si elle s'inscrit dans la continuité de ce qui a été une tradition malgré tout d'un islam soufi, donc tolérant, pluraliste et ouvert, et qu'elle est assurée par la transmission dont je viens de parler. Voilà ce que sera l'avenir de l'islam sur le continent africain, en particulier en Afrique de l'Ouest, région que je connais plus particulièrement.
 
Mais, une fois qu'on a dit cela, on fait aussi le constat de tendances contraires du fait d'interprétations rigoristes et littéralistes, mais surtout exclusivistes. Rigorisme ou littéralisme ne sont pas le problème; car toutes les interprétations ont droit de cité en islam. Après tout, on ne va pas faire la police des interprétations. Mais le problème, avec les interprétations rigoristes et – il faut le dire – salafistes, c'est qu'elles sont exclusivistes. Seul l'exclusivisme est le problème, car, quand vous adoptez une telle posture, vous estimez que votre interprétation est la seule valide et qu'elle annule toutes les autres. Donc la tentation de l'excommunication est là, la tentation de la violence est là. Je ne dis pas que les salafistes sont nécessairement violents. En général, ils ne le sont pas. Mais l'idéologie exclusiviste de la « pure » religion que l'on serait seul à représenter est ce dont se nourrit précisément la violence. Cette tendance-là est réelle. Elle peut aller ici ou là à l'encontre de la tradition dont je viens de parler. Mais, l'un dans l'autre, j'ai le sentiment que la tradition d'un islam soufi, pluraliste, ouvert et tolérant est une tradition relativement solide sur le continent africain.
 
 ©  DR
 
Pensez-vous, par exemple, qu'il faille réfléchir à la lutte contre l'extrémisme islamiste à travers l'éducation. Si oui, comment ?
 
L'éducation est, à moyen et long terme, la seule vraie réponse aux défis auxquels l'islam fait face. Il y a des réponses militaires, sécuritaires actuellement. Mais la seule vraie réponse est de gagner le combat de l'éducation. Il s'agit, par exemple, de transmettre aux jeunes générations l'enseignement d'un islam compris dans sa dimension intellectuelle et spirituelle extrêmement riche et non pas réduit à un certain nombre de formules à l'emporte-pièce qui font florès, notamment sur Internet et les réseaux sociaux. L'éducation, c'est le moyen d'« armer » intellectuellement une jeunesse pour aborder sereinement le monde de demain, c'est également lui permettre de trouver du travail. Il y a donc deux aspects dans ce combat en faveur de l'éducation : celui pour une meilleure compréhension de la religion et celui pour une meilleure insertion dans le monde moderne, dans ces sociétés du savoir qui sont les nôtres aujourd'hui. C'est dans ce combat que l'avenir se joue.
 
Cette question de l'éducation nous amène à la loi sur les daaras (écoles coraniques) adoptée en 2015 au Sénégal. Quel a été son impact sur le terrain et quelles lignes de force avez-vous identifiées pour que ces daaras ne se transforment pas en pépinières de terroristes islamistes ?
 
Il est important de rappeler en préambule que ces daaras n'ont pas de lien, jusqu'à preuve du contraire, avec le terrorisme. Donc on ne voit pas ces daaras devenir ce que les madrasas (institutions d'enseignement des sciences islamiques) sont devenues au Pakistan. Il faut se rappeler que les talibans étaient eux-mêmes d'abord des étudiants de ces madrasas, le mot « taliban » ayant d'ailleurs la même racine que le mot « talibés » qui désigne les enfants qui étudient dans les daaras. Mais la similitude s'arrête là, donc il n'y a aucune indication laissant à penser que ces dernières prendraient une orientation similaire à celles prises par les écoles au Pakistan.
 
Maintenant, les daaras sont de plusieurs natures. Il en existe d'ailleurs de multiples. On peut en créer sans aucun contrôle. Cette situation ne saurait perdurer compte tenu des aspects pervers que l'on constate aujourd'hui et qui peuvent se résumer, pour l'essentiel, dans l'exploitation des enfants. Cela est insupportable. L'idée que les enfants puissent être exploités sous prétexte d'éducation dans les daaras, qu'on puisse les mettre dans la rue pour mendier à un point tel qu'on se demande où ces enfants trouvent le temps d'étudier, c'est inacceptable et pour la religion et pour l'État dont la mission première est la protection des citoyens. C'est la raison pour laquelle une loi a été prise. Mais il faut bien se rendre compte que, dans la réalité des daaras, foisonnantes et multiformes, où certaines mènent réellement leur mission d'éducation coranique, d'enseignement islamique et d'autres pas, car elles sont davantage des organisations informelles permettant d'exploiter des enfants, il était très difficile de faire le tri. Par conséquent, il était bon qu'une loi fût adoptée parce qu'un texte législatif, au-delà de ses effets concrets et contraignants, signale toujours la direction vers laquelle la société entend cheminer. Il fallait donc qu'une loi fût prise pour signaler que le Sénégal, à l'instar d'autres pays, était décidé à moderniser cet enseignement, à faire en sorte qu'il serve l'épanouissement des enfants et non leur exploitation. Cela dit, le contrôle de l'application de cette loi sur le terrain est extrêmement difficile. Par exemple, celle-ci prévoit qu'on puisse retirer les enfants de la rue pour les mettre dans des centres spécialisés en cas d'abus avant de les rendre à leurs parents. Mais, en pratique, la collaboration des daaras en l'espèce n'est pas toujours assurée. Et, par ailleurs, on se heurte aussi à l'irresponsabilité de bien des parents.
 
Le 16 juin, nous avons célébré la Journée de l'enfant africain. C'était l'occasion de se pencher sur cette loi sur les daaras. On a constaté des progrès, même si ceux-ci sont très longs à apparaître. Néanmoins, il faut persister dans cette direction qui est la bonne. Même si, dans l'état de pauvreté dans lequel se trouvent de nombreuses familles aujourd'hui en Afrique, il va être très difficile de voir cette loi produire dans le court terme tous ses effets. Il faut compter avec le temps.
 
Dans le cas du Sénégal, où l'islam soufi, à travers de nombreuses confréries, est bien implanté, peut-on s'attendre à un enracinement, à un scénario où une minorité d'extrémistes, comme au Nigeria, remet en question la laïcité, la cohabitation religieuse et la démocratie telle qu'elle existe aujourd'hui ?
 
Comme je l'ai rappelé, je crois en la solidité de la tradition d'un islam soufi bien implanté en Afrique de l'Ouest en général et au Sénégal en particulier. Mais vous faites bien de rappeler l'exemple du Nord-Nigeria qui a eu et conserve toujours une tradition soufie assez bien implantée. Il y a d'ailleurs sur ce plan un lien très fort entre le Nord-Nigeria et le Sénégal puisqu'une des confréries fortement présentes au nord du Nigeria, la Tidjaniya, est adossée à la Tidjaniya sénégalaise en particulier dans sa branche kaolackoise, celle des Niassene. Cette forte implantation de la Tidjaniya mais aussi, plus ancienne, de la Qadiriya, la confrérie du fondateur du sultanat de Sokoto dans le Nord-Nigeria, Usman dan Fodio, n'a pas empêché au fil des années une interprétation rigoriste, exclusiviste de l'islam, intolérante et anti-soufie bien entendu, de s'installer sous le nom de « Izala ». D'une certaine manière, ce courant a fait le lit de la violence exercée par Boko Haram dans le Nord-Nigeria. Encore une fois, je ne dis pas que les salafistes sont nécessairement violents, mais cette école de pensée, par son exclusivisme encore une fois, tend à créer un terreau favorable à l'intolérance. Pour résumer, il faut avoir confiance dans la solidité de la tradition d'un islam ouest-africain, pluraliste et tolérant. Mais, dans le même temps, gardons-nous de considérer qu'il s'agit d'un acquis une fois pour toutes. Par conséquent, il est absolument nécessaire de travailler activement à le sauvegarder. Ici aussi, la clé réside dans l'éducation.
 
 
Pourquoi, à votre avis, est-il nécessaire de séparer le religieux du politique ?
 
C'est une mesure de sauvegarde simple. D'abord parce qu'il faut sauvegarder le pluralisme, et la meilleure manière de le faire, c'est d'avoir un État qui soit à équidistance des confessions religieuses. Et la seule manière de le garantir, c'est que le politique soit séparé du religieux. Maintenant, cela ne veut pas dire qu'il faille nécessairement adopter une forme agressive de laïcité qui chercherait à éliminer complètement les religions de la sphère publique. Le Sénégal, par exemple, ne s'est pas engagé dans cette voie. Le premier président du pays, Léopold Sédar Senghor, a théorisé une forme de laïcité qui tend à une séparation du religieux et du politique qui ne signifie pas la mise hors jeu des religions mais qui, au contraire, les invite à apporter dans le champ public ce qu'elles ont de meilleur, autrement dit leur capacité à éduquer pour la construction nationale. De mon point de vue, c'est une bonne manière de comprendre que la séparation du religieux et du politique est nécessaire mais que cette séparation ne doit pas nécessairement signifier la mise à l'écart des religions dans l'œuvre d'édification nationale.
 
Ensuite, cette séparation qui est une bonne chose pour le politique l'est également pour le religieux. Il n'est jamais bon que les religions se mêlent de politique. Elles finissent par perdre, dans le mélange des genres, la crédibilité qui doit être la leur. Il n'est jamais bon que les guides religieux s'égarent en politique au point d'oublier qu'ils ont une certaine aura à préserver auprès de ceux qui les suivent et vis-à-vis de qui ils ont une responsabilité.
 
Pour construire leur développement, les pays du Sud, et le Sénégal en particulier, doivent disposer d'un enseignement supérieur solide. Au-delà du rapport que vous avez fait en 2013 à la demande du président Macky Sall, qu'est-ce qui pourrait permettre à l'enseignement supérieur de décoller en Afrique ?
 
Le grand problème de l'enseignement supérieur aujourd'hui en Afrique réside dans ce que l'on appelle la « massification ». Autrement dit, le fait que la croissance démographique du nombre d'étudiants est aujourd'hui sans commune mesure avec la capacité d'accueil et de formation des institutions d'enseignement supérieur. Une première réponse a été apportée avec l'ouverture de l'enseignement supérieur privé. Par exemple, aujourd'hui, au Sénégal, un bon tiers des étudiants suivent des formations privées. C'est une bonne chose, car celles-ci se développent et se trouvent être des enseignements de très grande qualité. La concertation nationale sur l'avenir de l'enseignement supérieur, dont la responsabilité m'a été confiée par le président Macky Sall en 2013, l'a reconnu et a encouragé cette tendance.
 
Un deuxième point est que la réponse à apporter au défi démographique, c'est un investissement résolu dans les techniques d'enseignement numérique à distance. Je crois, et nous l'avons d'ailleurs dit au moment de cette concertation sur l'enseignement supérieur, que l'Afrique est en mesure d'accomplir, avec les technologies de l'enseignement à distance, ce qu'elle est parvenue à réaliser avec les technologies de la téléphonie mobile. Il y a eu un mode d'appropriation par les Africains de cette technologie qui est extraordinaire. Ils l'ont utilisée pour répondre à un certain nombre de leurs problèmes au quotidien, comme le paiement des factures, le transfert d'argent, etc. De la même manière, les technologies de l'enseignement à distance pourront être utilisées pour répondre à ce défi démographique extraordinaire, car on ne construira jamais aussi vite des universités, on ne formera jamais aussi rapidement des professeurs que ne croît le nombre des étudiants. Car il faut en plus des bâtiments, des professeurs en nombre suffisant pour enseigner dans des institutions d'enseignement supérieur.
 
Troisième point s'agissant de ce qu'il faudrait faire : un rééquilibrage dans le contenu des enseignements. On a beaucoup trop d'étudiants qui se dirigent vers les matières littéraires et les sciences sociales. D'ailleurs, ils y vont souvent moins par goût ou par vocation que par défaut. Dans le même temps, les disciplines scientifiques, les fameuses STIM (sciences, technologies, ingénierie et mathématiques), qui sont absolument nécessaires pour le développement de nos pays, concentrent une faible minorité d'étudiants. Et les choses vont d'ailleurs en s'aggravant. Aujourd'hui, en valeur absolue, le nombre des candidats au bac au Sénégal dans la série scientifique S1 est en train de décroître, ce qui est dramatique. Il va impérativement falloir trouver une politique d'encouragement pour les étudiants afin de les inviter à se diriger vers les disciplines scientifiques et rééquilibrer ainsi la démographie estudiantine à l'université de ce point de vue.
 
Enfin, il faut cesser de considérer qu'une réforme est faite une fois pour toutes. Le système doit prendre l'habitude de s'évaluer et de s'adapter. Cette culture de l'évaluation permanente doit être insufflée dans les systèmes d'enseignement supérieur en Afrique.
 
Ce sont là de bonnes directions à faire prendre à nos systèmes d'enseignement supérieur en Afrique. Et il est heureux qu'au Sénégal le président de la République se soit engagé personnellement et ait pris les décisions nécessaires à la suite de cette concertation et que le ministre de l'Enseignement supérieur, qui était lui-même partie prenante dans cette concertation, qui y a cru du début jusqu'à la fin, persuadé que les chemins tracés allaient dans la bonne direction, essaie aujourd'hui de transformer les mesures préconisées en une politique éducative effective.
 
Souleymane Bachir Diagne lors des Ateliers de la Pensée à Dakar en 2016, lors du panel "L’Afrique, la condition planétaire" à l'Institut Français. © Photo Antoine Tempé
 
Législatives, présidentielles : les élections se multiplient sur le continent. Quel regard posez-vous sur les institutions et les régimes politiques en Afrique ?
 
Ces élections sont toujours un moment très important pour la démocratie. C'est un gage que l'avenir sera fait de liberté, de démocratie et d'ouverture. Les démocraties avancent et méritent d'être consolidées sur le continent. Au sein de la Cedeao, par exemple, il est heureux de constater qu'une régression démocratique, potentiellement désastreuse, a été empêchée. En Gambie, le président Yaya Jammeh, après avoir reconnu dans un premier temps sa défaite électorale, était revenu sur cette reconnaissance, confisquant de fait la volonté populaire. C'est alors que nous avons vu une chose extraordinaire : tous les pays de la Cedeao se mettre ensemble, décider d'une action commune, diplomatique et militaire en même temps, avec l'aval de la communauté internationale. Cette combinaison de facteurs est une chose extrêmement importante et encourageante pour l'avenir à la fois de l'unité africaine et de la démocratie sur le continent.
 
Quels thèmes, pensez-vous, devraient être mis en avant à l'occasion des élections sur le continent africain pour raffermir la démocratie et mobiliser les populations autour des institutions de leurs pays respectifs ?
 
Dans la continuité de ce que je viens de dire, j'aurais souhaité, je souhaiterais que la question de la construction de l'intégration et de l'unité africaines prenne toute sa place dans les programmes et joutes électorales sur le continent. Il est très important, en effet, de proposer aujourd'hui à la jeunesse africaine de nouvelles frontières. De leur donner des raisons de se battre pour la démocratie, pour des institutions solides qui garantissent les libertés et pour avoir des élus qui soient comptables devant le peuple, mais également de construire cette citoyenneté ouest-africaine et, au-delà, africaine. C'est le meilleur moyen pour permettre au continent de faire face aux vents de la mondialisation. Il est donc très important de proposer un tel horizon à la jeunesse africaine. Par ailleurs, dans la continuité également de ce que j'ai dit auparavant, l'éducation doit également être au cœur des programmes proposés par les candidats aux élections parce que c'est là que se situe évidemment l'avenir.
 
Avec l'élection à la présidence de la République française d'Emmanuel Macron, l'Afrique a-t-elle des raisons d'espérer des relations différentes avec la France ? Si oui, pourquoi ? Sinon, pourquoi ?
 
Je donnerai d'abord les raisons d'espérer de tout le monde et pas seulement des Africains. L'élection du président Macron et les premières déclarations qu'il a faites, en particulier sur le climat et la nécessité d'avoir une conscience écologique, c'est là une raison d'espérer pour l'humanité entière. Car, sur ce plan comme sur d'autres, quand une forme de gouvernance internationale s'avère nécessaire, on constate malheureusement un retrait du leadership américain. Or ce vide doit être comblé. Fort heureusement, aux côtés du président Macron, il y a des personnalités comme le Premier ministre canadien Justin Trudeau, la chancelière allemande Angela Merkel, etc. Mais le fait qu'Emmanuel Macron apporte tout le poids de la France sur ces questions qui sont d'intérêt mondial, pour l'humanité et notre planète Terre, est d'une importance fondamentale.
 
S'agissant des relations entre l'Afrique et la France, il faut considérer ce qu'est le continent africain aujourd'hui et où il en est. Celui-ci suscite désormais des espoirs légitimes ; les germes du changement y sont réels ; nous sommes sortis de ce climat d'afro-pessimisme qui a prévalu durant la décennie 1990 pour constater qu'au fond, avec des taux de croissance spectaculaires qui s'affichent un peu partout, le continent africain est plein de promesses. C'est un continent avec lequel il faut compter et avec lequel le monde doit construire de véritables partenariats qui s'inscrivent en faux par rapport à la vision traditionnelle d'un continent qui serait à la dérive. Heureusement, nous n'en sommes plus là. L'Afrique est à l'heure des partenariats, multiples et diversifiés.
 
Une fois ce tableau brossé, on peut immédiatement voir ce que l'Afrique est « en droit » d'attendre d'un partenaire traditionnel comme la France. Il est heureux que le président français aujourd'hui soit d'une génération radicalement nouvelle, dont on peut espérer qu'elle n'a plus rien à voir avec cette vision passée qu'on a appelée la « Françafrique ». Dans ce processus de développement de partenariats diversifiés en cours sur le continent africain, il est bon, par conséquent, que la France prenne toute la place à laquelle son histoire et son statut lui permettent de prétendre aux côtés de l'Afrique.

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Le nouveau dignitaire a été choisi dans la nuit. Le président Macky Sall est arrivé à Touba pour présenter aux croyants les condoléances de la nation.   C’est dans la nuit de mardi 9 à mercredi 10 janvier que l’un des... Lire la suite >

Le succès du Tramadol en Afrique de l'Ouest, un dangereux antidouleur

Le succès du Tramadol en Afrique de l'Ouest, un dangereux antidouleur
Jeu 11 Jan 2018 | Source : RFI ... | dans Autres Actus

Au Nigeria, les autorités ont saisi le mois dernier, près de 115 tonnes de médicaments interdits au port de Lagos. Il s'agit, selon les autorités, de six conteneurs remplis de Tramadol, un antidouleur, dont la vente est limitée et contrôlée à... Lire la suite >

Soupçons de financement libyen : Alexandre Djouhri, proche de Sarkozy, placé en garde à vue à Londres

Soupçons de financement libyen : Alexandre Djouhri, proche de Sarkozy, placé en garde à vue à Londres
Mer 10 Jan 2018 | Source : lemonde.fr ... | dans Société

L’homme d’affaires a été arrêté dans le cadre de l’enquête sur un possible financement du régime libyen de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007.   Depuis le 7 septembre 2016, date d’une convocation... Lire la suite >

Afrique : ces applications agricoles qui boostent le Ghana

Afrique : ces applications agricoles qui boostent le Ghana
Mer 10 Jan 2018 | Source : afrique.lepoint.fr ... | dans Economie

Elles s'appellent Farmerline, CowTribe ou Ghalani : ce sont des applications 100 % agricoles qui permettent au pays d'inventer l'agriculture de demain. Découverte.   Voilà une solution numérique qui répond à l'une des incantations actuelles... Lire la suite >

"Que les médiocres dégagent": Mgr Monsengwo, la bête noire de Kabila

Mar 09 Jan 2018 | Source : slateafrique.com ... | dans Autres Actus

L'archevêque de Kinshasa Laurent Monsengwo, figure de la puissante Eglise congolaise et du Vatican, ressort la carte du défi frontal au pouvoir en ce début d'année 2018 cruciale pour la République démocratique du Congo, un an après la médiation... Lire la suite >

Sénégal: un des survivants de la tuerie en Casamance témoigne

Sénégal: un des survivants de la tuerie en Casamance témoigne
Mar 09 Jan 2018 | Source : RFI ... | dans Autres Actus

Le président sénégalais, Macky Sall a décrété deux jours de deuil à partir de ce lundi à la mémoire des 13 jeunes tués samedi dans une forêt protégée de Casamance. Une délégation ministérielle... Lire la suite >

Sénégal : la Casamance va-t-elle à nouveau s'enflammer ?

Sénégal : la Casamance va-t-elle à nouveau s'enflammer ?
Lun 08 Jan 2018 | Source : afrique.lepoint.fr ... | dans Autres Actus

La question mérite d'être posée après l'attaque perpétrée ce samedi à Boffa et attribuée à des éléments armés supposés appartenir au Mouvement des forces démocratiques de la Casamance (MFDC). ... Lire la suite >

Afrique-États-Unis : le message sans ambigüité de Trump sur l'AGOA

Afrique-États-Unis : le message sans ambigüité de Trump sur l'AGOA
Lun 08 Jan 2018 | Source : afrique.lepoint.fr ... | dans Economie

La Loi sur la croissance et les opportunités de développement en Afrique (AGOA) permet aux pays d'Afrique subsaharienne qui en bénéficient d'exporter sur le marché américain sans droit de douanes. Avec l'administration Trump, l'esprit de solidarité... Lire la suite >

Au Burkina Faso, un ancien ministre de la sécurité inculpé « d’atteinte à la sûreté de l’Etat »

 Au Burkina Faso, un ancien ministre de la sécurité inculpé « d’atteinte à la sûreté de l’Etat »
Sam 06 Jan 2018 | Source : lemonde.fr ... | dans Politique

Le colonel Auguste Denise Barry est accusé d’avoir mis en place un mouvement insurrectionnel pour déstabiliser le régime actuel.   Après deux ans et demi d’ombre, le colonel Auguste Denise Barry revient dans la lumière, malgré lui.... Lire la suite >

Lutte contre la corruption : Accra prend le taureau par les cornes

Lutte contre la corruption : Accra prend le taureau par les cornes
Sam 06 Jan 2018 | Source : afrique.lepoint.fr ... | dans Economie

Éradiquer la corruption dans la vie publique du Ghana était l'une des promesses majeures du président Nana Addo-Akufo. Où en est-il aujourd'hui ?   Le débat sur la lutte contre la corruption est relancé au Ghana. Il bat même son... Lire la suite >

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Jeu 26 Oct 2017 | dans: Objectif Développement

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