NewAstv, plus qu'un médium, un compagnon
New AsTV: Une bonne communication grâce au professionnalisme d'une équipe
New AsTV: Vous y êtes, ne naviguez plus
New AsTV pour mieux communiquer en diplomatie
New AsTV: Savourez votre plaisir à communiquer
New AsTV: Ne vous en laissez pas compter
New AsTV: Vous êtes au cœur de l'événement
New AsTV, et la coopération bilatérale devient facteur de développement des peuples
New AsTV: Notre concept, la communication en partage
New AsTV: Partenaire au développement culturel africain

Au Maghreb, la persistance d’un racisme anti-Noirs


Au Maghreb, la persistance d’un racisme anti-Noirs
Des migrants subsahariens vivant dans un immeuble en construction, à Alger, en mai 2016 | PHOTO: FAROUK BATICHE / AFP
Nourri par l’histoire et les difficultés sociales, aggravé parfois par les autorités, le rejet des populations noires reste prégnant en Afrique du Nord.
 
Parmi les réactions suscitées par la diffusion de la vidéo de CNN montrant une vente aux enchères de migrants subsahariens en Libye, la dénonciation d’un racisme anti-Noirs persistant dans les pays du Maghreb figure en bonne place. Si les situations n’y sont pas comparables à la barbarie observée en Libye, les communautés noires continuent toutefois d’être victimes de mépris, de discriminations, voire d’agressions.
 
En Algérie, il existe une forte présence de migrants subsahariens qui y restent de quelques mois à quelques années, comme une pause sur leur route vers l’Europe. Selon les associations locales, ils seraient près de 100 000, un nombre difficile à confirmer. Vivant dans les périphéries des grandes villes, privés de statut légal, ces habitants « fantômes » occupent souvent des emplois à la journée dans le secteur de la construction.
 
Une chasse aux migrants
 
En octobre 2015, l’histoire de Marie-Simone, une migrante camerounaise d’une trentaine d’années, avait fait la « une » de la presse. Victime d’un viol collectif à Oran (ouest), elle avait eu le plus grand mal à se faire soigner et à porter plainte. En mars 2016, à Ouargla (sud), c’est le meurtre d’un Algérien poignardé par un migrant nigérien qui avait dégénéré en une véritable chasse aux migrants. Et les exemples ne manquent pas.
 
Les autorités algériennes sont récemment revenues sur leur tolérance vis-à-vis de la migration subsaharienne depuis 2012 et le début des troubles au nord du Mali. En décembre 2016, 1 200 personnes ont été renvoyées du pays. D’autres rafles et expulsions ont depuis été menées dans les grandes villes du pays, jusque sur les lieux de travail des migrants. Regroupés puis emmenés en bus jusqu’à Tamanrasset, à 2 000 km au sud d’Alger, ils ont ensuite été relâchés de l’autre côté de la frontière, côté nigérien, parfois en plein désert.
 
 
En octobre, plusieurs ONG internationales – dont la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) et Amnesty International – ont dénoncé un climat délétère et l’absence de politique migratoire claire : « Depuis 2014, plus de 18 000 personnes ont été expulsées vers le Niger », notait ainsi la FIDH, soulignant que les refoulés étaient de différentes nationalités d’Afrique de l’Ouest.
Au Maroc, de nombreux témoignages, des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux font aussi état d’un racisme latent. Celui-ci va de faits divers extrêmement violents – en 2014, trois migrants ont été tués à Boukhalef, un quartier périphérique de Tanger – à un racisme diffus. « Dans la rue, certains nous appellent Ebola », racontait un Camerounais rencontré en septembre à Tétouan (nord).
 
« Un statut inférieur » au Maroc
 
La partie nord du royaume est un territoire de passage pour les Subsahariens qui veulent tenter la traversée vers l’Europe : soit par la mer, soit en essayant de franchir les barrières qui séparent le continent africain des enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla. Contraints de se cacher dans des conditions très dures, beaucoup sont victimes de bastonnades lorsqu’ils sont pris. Et si, contrairement à ce qu’il se passe en Algérie, ils ne sont pas expulsés du pays, ils sont en revanche envoyés dans des villes du sud du Maroc pour tenter de les éloigner.
 
 
En Mauritanie, plus au sud, le racisme ne vise pas les migrants de passage mais une partie des citoyens mauritaniens, rappelant la situation d’un pays où les Maures blancs concentrent la majorité des pouvoirs au détriment des Haratine, descendants d’esclaves, et des Négro-Africains. L’esclavage y a été interdit en 1981 et criminalisé en 2007. Son interdiction a même été inscrite dans la Constitution en 2012, mais la pratique reste courante et dénoncée par de nombreux organismes internationaux.
« Le racisme anti-Noirs continue aujourd’hui au Maghreb. La couleur de peau est toujours associée à un statut inférieur. Des tribus pratiquaient l’esclavagisme dans tout le Maghreb et c’est resté dans l’imaginaire collectif », souligne le sociologue marocain Mehdi Alioua, professeur à Sciences Po Rabat et président du Groupe antiraciste de défense et d’accompagnement des étrangers et des migrants (Gadem). « L’esclavage, la chosification du corps est la forme la plus extrême du racisme », poursuit-il, en référence à la vidéo de CNN tournée en Libye.
 
 
L’universitaire déplore toutefois le manque de recherches sur cette question. Le sujet du racisme anti-Noirs dans les pays nord-africains est peu documenté, par manque de moyens alloués, certainement aussi à cause d’une forme d’autocensure. « Certains craignent d’être accusés de faire le jeu de l’Occident. La conséquence de cette absence de connaissances, c’est que, parfois, on sous-estime ce racisme, parfois, on le surestime. », poursuit M. Alioua, qui précise toutefois que le débat avance : « A chaque fois qu’une campagne de sensibilisation est lancée, elle reçoit plutôt un bon écho au sein de la population et ce dans tous les pays du Maghreb ».
 
« Une source de criminalité » en Algérie
 
Au Maroc, l’augmentation du nombre de migrants subsahariens ces dernières années a eu un effet ambivalent, provoquant tout à la fois plus de frustrations parmi la population – certains estimant, sur fond de difficultés économiques, que les migrants ont plus d’aides que les nationaux –, mais permettant en même temps de démocratiser la problématique et d’accroître la dynamique de soutien aux migrants, notamment dans la société civile.
 
En Algérie aussi, les associations se sont emparées ces dernières années de la situation des Subsahariens alors que, pendant longtemps, seules les paroisses venaient en aide aux migrants, dont une partie sont chrétiens. Leïla Beratto, correspondante de RFI, travaille sur le sujet depuis des années. « Cette discrimination est liée à l’histoire de l’Algérie où des Noirs ont été les esclaves de riches familles à la peau claire, mais il s’explique aussi par les différences culturelles entre Algériens et Subsahariens qui se connaissent mal », note la journaliste.
 
 
L’un des facteurs déterminant de l’accueil réside dans l’attitude des autorités. Début juillet, Ahmed Ouyahia – devenu le 15 août premier ministre d’Algérie – avait affirmé que les migrants sont « une source de criminalité, de drogue et de plusieurs autres fléaux ». Quelques jours plus tard, le ministre des affaires étrangères, Abdelkader Messahel, parlait lui d’« une menace pour la sécurité » du pays. « Dans ces conditions, le travail de sensibilisation sur le terrain est rendu encore plus difficile », souligne Leïla Beratto.
 
Régularisations massives au Maroc
 
Le Maroc a connu, lui, un changement important de sa politique migratoire impulsée par le roi Mohammed VI depuis 2013. Alors que le royaume faisait face à de lourdes critiques pour son traitement des migrants, deux opérations de régularisations massives ont été lancées : la première en 2014 a permis de régulariser 25 000 sans-papiers, la deuxième n’est pas achevée, mais on sait que quelque 26 000 demandes ont été déposées. Une initiative qui s’inscrit dans le cadre de l’offensive – économique, diplomatique et religieuse – lancée par le Maroc en direction du continent africain ces dernières années pour y affirmer son leadership.
 
En Mauritanie, la lutte contre l’esclavage et les discriminations est devenue un thème incontournable de la vie politique, même si les militants de ce mouvement font régulièrement l’objet d’arrestations et de condamnations. Biram Ould Dah Ould Abeid, figure de ce combat, fut ainsi l’un des quatre candidats à l’élection présidentielle de juin 2014 face au président sortant, Mohamed Ould Abdel Aziz.
 
Mais c’est certainement dans la Tunisie post-révolutionnaire que l’évolution est la plus sensible. « Pendant longtemps, le sujet des Tunisiens noirs, traités comme des citoyens de seconde zone, a été un tabou », rappelle Houda Mzioudet, chercheuse et spécialiste des minorités en Tunisie. Si leur nombre est difficile à déterminer, les Tunisiens noirs ou d’origine noire représenteraient 10 à 15 % de la population, surtout concentrés dans le sud du pays.
 
« C’est seulement à partir de 2011 que le sujet de la lutte contre la discrimination raciale a commencé à être débattu », souligne Mme Mzioudet. En 2013, une marche pour la défense des droits des Noirs tunisiens avait été organisée à Djerba. En 2016, l’agression de trois étudiants congolais en plein centre-ville de Tunis, avait à son tour créé un vif émoi dans le pays. Aujourd’hui, la Tunisie s’apprête à adopter une loi criminalisant la discrimination raciale. « Ce serait la première loi de ce type dans le monde arabe », souligne la militante.
 

 Commentaires

LIRE AUSSI...

RD Congo - Emmanuel Biey : « L'anarchie à tous les niveaux »

RD Congo - Emmanuel Biey : « L'anarchie à tous les niveaux »
Mer 17 Jan 2018 | Source : afrique.lepoint.fr ... | dans Economie

ENTRETIEN. Pour cet ex-directeur de la régie d'assainissement de Kinshasa, le changement climatique n'est pour rien dans les inondations meurtrières récemment connues par la capitale congolaise. Explications.   Un deuil national de deux jours a été... Lire la suite >

« Le tri des migrants devrait davantage intéresser nos dirigeants que la dernière outrance de Trump »

« Le tri des migrants devrait davantage intéresser nos dirigeants que la dernière outrance de Trump »
Mer 17 Jan 2018 | Source : lemonde.fr ... | dans Autres Actus

Pour notre chroniqueur, la polémique sur les « pays de merde » ne doit pas masquer le véritable enjeu : les politiques migratoires des Etats-Unis et de l’Europe.   Chronique. Après les Noirs, les musulmans, les Latinos, les femmes, les homosexuels,... Lire la suite >

Trump traite Haïti et des nations africaines de « pays de merde »

Trump traite Haïti et des nations africaines de « pays de merde »
Sam 13 Jan 2018 | Source : lemonde.fr ... | dans Autres Actus

Selon le « Washington Post », il a tenu ces propos alors qu’il recevait plusieurs sénateurs pour évoquer un projet proposant de limiter le regroupement familial.     « Pourquoi est-ce que toutes ces personnes issues de pays de merde viennent... Lire la suite >

Au Liberia, le nouveau président Weah comptable d’un beau moment démocratique

Au Liberia, le nouveau président Weah comptable d’un beau moment démocratique
Sam 13 Jan 2018 | Source : lemonde.fr ... | dans Politique

Il revient à l’ancienne star du football, élu fin décembre 2017 à la tête du pays, de ne pas brader la confiance, ni les espoirs placés en lui par l’électorat.   Analyse. L’élection de George Weah à la présidence... Lire la suite >

Les réseaux africains de « Monsieur Alexandre » Djouhri

Les réseaux africains de « Monsieur Alexandre » Djouhri
Ven 12 Jan 2018 | Source : lemonde.fr ... | dans Autres Actus

L’ancien caïd de banlieue est devenu un intermédiaire international de haut vol en soignant ses relations avec les pouvoirs gabonais, libyen, congolais ou algérien.   Dimanche 7 janvier, la police britannique est convaincue que l’homme qu’elle a arrêté... Lire la suite >

En Angola, le fils de l’ex-président Dos Santos limogé du fonds d’investissement souverain

En Angola, le fils de l’ex-président Dos Santos limogé du fonds d’investissement souverain
Ven 12 Jan 2018 | Source : lemonde.fr ... | dans Politique

Depuis sa prise de fonction en septembre 2017, le président Joao Lourenço a commencé à démanteler l’empire politico-financier bâti par son prédécesseur.   Le président angolais Joao Lourenço a démis de ... Lire la suite >

Au Sénégal, décès du septième calife général de la confrérie mouride

Au Sénégal, décès du septième calife général de la confrérie mouride
Jeu 11 Jan 2018 | Source : lemonde.fr ... | dans Culture

Le nouveau dignitaire a été choisi dans la nuit. Le président Macky Sall est arrivé à Touba pour présenter aux croyants les condoléances de la nation.   C’est dans la nuit de mardi 9 à mercredi 10 janvier que l’un des... Lire la suite >

Le succès du Tramadol en Afrique de l'Ouest, un dangereux antidouleur

Le succès du Tramadol en Afrique de l'Ouest, un dangereux antidouleur
Jeu 11 Jan 2018 | Source : RFI ... | dans Autres Actus

Au Nigeria, les autorités ont saisi le mois dernier, près de 115 tonnes de médicaments interdits au port de Lagos. Il s'agit, selon les autorités, de six conteneurs remplis de Tramadol, un antidouleur, dont la vente est limitée et contrôlée à... Lire la suite >

Soupçons de financement libyen : Alexandre Djouhri, proche de Sarkozy, placé en garde à vue à Londres

Soupçons de financement libyen : Alexandre Djouhri, proche de Sarkozy, placé en garde à vue à Londres
Mer 10 Jan 2018 | Source : lemonde.fr ... | dans Société

L’homme d’affaires a été arrêté dans le cadre de l’enquête sur un possible financement du régime libyen de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007.   Depuis le 7 septembre 2016, date d’une convocation... Lire la suite >

Afrique : ces applications agricoles qui boostent le Ghana

Afrique : ces applications agricoles qui boostent le Ghana
Mer 10 Jan 2018 | Source : afrique.lepoint.fr ... | dans Economie

Elles s'appellent Farmerline, CowTribe ou Ghalani : ce sont des applications 100 % agricoles qui permettent au pays d'inventer l'agriculture de demain. Découverte.   Voilà une solution numérique qui répond à l'une des incantations actuelles... Lire la suite >

"Que les médiocres dégagent": Mgr Monsengwo, la bête noire de Kabila

Mar 09 Jan 2018 | Source : slateafrique.com ... | dans Autres Actus

L'archevêque de Kinshasa Laurent Monsengwo, figure de la puissante Eglise congolaise et du Vatican, ressort la carte du défi frontal au pouvoir en ce début d'année 2018 cruciale pour la République démocratique du Congo, un an après la médiation... Lire la suite >

Sénégal: un des survivants de la tuerie en Casamance témoigne

Sénégal: un des survivants de la tuerie en Casamance témoigne
Mar 09 Jan 2018 | Source : RFI ... | dans Autres Actus

Le président sénégalais, Macky Sall a décrété deux jours de deuil à partir de ce lundi à la mémoire des 13 jeunes tués samedi dans une forêt protégée de Casamance. Une délégation ministérielle... Lire la suite >

Sénégal : la Casamance va-t-elle à nouveau s'enflammer ?

Sénégal : la Casamance va-t-elle à nouveau s'enflammer ?
Lun 08 Jan 2018 | Source : afrique.lepoint.fr ... | dans Autres Actus

La question mérite d'être posée après l'attaque perpétrée ce samedi à Boffa et attribuée à des éléments armés supposés appartenir au Mouvement des forces démocratiques de la Casamance (MFDC). ... Lire la suite >

Afrique-États-Unis : le message sans ambigüité de Trump sur l'AGOA

Afrique-États-Unis : le message sans ambigüité de Trump sur l'AGOA
Lun 08 Jan 2018 | Source : afrique.lepoint.fr ... | dans Economie

La Loi sur la croissance et les opportunités de développement en Afrique (AGOA) permet aux pays d'Afrique subsaharienne qui en bénéficient d'exporter sur le marché américain sans droit de douanes. Avec l'administration Trump, l'esprit de solidarité... Lire la suite >

Au Burkina Faso, un ancien ministre de la sécurité inculpé « d’atteinte à la sûreté de l’Etat »

 Au Burkina Faso, un ancien ministre de la sécurité inculpé « d’atteinte à la sûreté de l’Etat »
Sam 06 Jan 2018 | Source : lemonde.fr ... | dans Politique

Le colonel Auguste Denise Barry est accusé d’avoir mis en place un mouvement insurrectionnel pour déstabiliser le régime actuel.   Après deux ans et demi d’ombre, le colonel Auguste Denise Barry revient dans la lumière, malgré lui.... Lire la suite >

Lutte contre la corruption : Accra prend le taureau par les cornes

Lutte contre la corruption : Accra prend le taureau par les cornes
Sam 06 Jan 2018 | Source : afrique.lepoint.fr ... | dans Economie

Éradiquer la corruption dans la vie publique du Ghana était l'une des promesses majeures du président Nana Addo-Akufo. Où en est-il aujourd'hui ?   Le débat sur la lutte contre la corruption est relancé au Ghana. Il bat même son... Lire la suite >

Vidéo à ne pas rater

LYNAYS-Concepteur de solutions énergétiques
Jeu 26 Oct 2017 | dans: Objectif Développement

Nos Partenaires

NOUS SUIVRE

Qui Sommes-Nous?

New AsTV Le développement par la coopération   Servir de canal numérique au développement de l'Afrique par la coopération. Telle est la vision de New AsTV. De fait, nous nous sommes laissés guider par les relations que l'Afrique...

Lire plus

Contacts

Newsletter

FLASH INFOS