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Face aux attaques djihadistes, les enseignants du nord du Burkina ont « peur d’aller en classe »


Face aux attaques djihadistes, les enseignants du nord du Burkina ont « peur d’aller en classe »
Une école primaire à Yakouta, dans le nord du Burkina Faso, en 2009. | PHOTO: AHMED OUOBA / AFP
Le 12 avril, une élève a été tuée et un instituteur enlevé lors d’un raid contre une école dans la province du Soum.
 
« La peur est là tous les jours, on peut être attaqué à tout moment », confie, inquiet, un enseignant de l’école primaire de Tin-Akoff, un village situé à moins de 10 km de la frontière malienne, dans la province de l’Oudalan, dans le nord du Burkina Faso. « Il y a quelques mois, des hommes armés ont fait irruption dans notre école la nuit, ils ont brûlé une salle de classe et plusieurs motos appartenant à des enseignants. Ils ont aussi agressé le directeur, je n’ai pas de nouvelles de lui depuis… », rapporte l’instituteur de 28 ans, sous le couvert de l’anonymat.
 
« C’est difficile de travailler, mes collègues reçoivent régulièrement des menaces pour qu’on enseigne en arabe, qu’on prêche le Coran et que les femmes portent le voile. On fait classe en français, ça ne leur plaît pas », poursuit-il. Depuis l’attaque, l’école de Tin-Akoff, où sont inscrits 126 élèves, n’a pas rouvert.
 
Soixante kilomètres plus au sud, à Gorom-Gorom, chef-lieu de l’Oudalan, l’inquiétude et le sentiment d’insécurité dominent également dans les établissements scolaires. « Tous les jours, on a peur d’aller en classe pour enseigner », explique un instituteur qui préfère lui aussi rester anonyme. « La semaine dernière, des hommes ont tiré des coups de sommation pendant près de quarante-cinq minutes, la nuit, devant une école du quartier pour nous intimider. Des professeurs dormaient à l’intérieur de l’établissement », poursuit l’enseignant de 28 ans, originaire du Centre-Ouest, qui entame sa deuxième année à Gorom-Gorom.
 
S’il reste, « ce n’est pas par courage » mais parce qu’il n’a « pas le choix » : « Si je quitte mon poste, je risque d’être sanctionné, voire licencié. J’aimerais rentrer, mais il me reste encore quatre années à faire ici. Après, je pourrai demander à changer, mais alors tout dépendra de mon affectation. »
 
Un maire assassiné le 8 avril
 
« Pour un grand nombre de ces instituteurs exerçant dans le Nord, c’est leur premier poste. A la sortie de leur formation, ils sont affectés d’office dans un établissement selon un système de tirage au sort. Ils ne peuvent pas choisir leur commune », précise Fidèle Kobeané, secrétaire général de la Fédération des syndicats nationaux des travailleurs de l’éducation et de la recherche (F-Synter) à Djibo, chef-lieu de la province voisine du Soum.
 
L’Oudalan et le Soum font partie de la région du Sahel, proche des frontières avec le Mali et le Niger, où les menaces contre les écoles sont fréquentes. Rares sont les enseignants qui acceptent de témoigner, par peur des représailles des groupes djihadistes. Une méfiance qui s’est encore renforcée avec l’enlèvement, jeudi 12 avril, d’un maître d’école primaire à Bouro, à une trentaine de kilomètres de Djibo, par des individus armés.
 
Ce rapt, mais aussi l’assassinat du maire de Koutougou, dans le Soum, le 8 avril, ont été revendiqués mardi par le groupe Etat islamique dans le Grand Sahara (EIGS) et non par Ansaroul Islam, le groupe terroriste burkinabé qui semait la terreur dans le nord du pays depuis sa création, fin 2016, par Ibrahim Malam Dicko (mort au printemps 2017). « Tous ceux qui enseignent en français seront combattus. Les moudjahidines ont tué [le maire] Hamid Koundaba, qui travaille contre nous avec l’armée du Burkina Faso, pour les croisés », a déclaré à l’AFP un certain « Hammar », l’un des porte-paroles de l’EIGS.
 
Lors de l’attaque du 12 avril à Bouro, une élève de CM2 a été tuée par balles et plusieurs autres blessés. « C’est la première fois qu’un enfant est touché mortellement au cours d’un assaut contre une école. Il est probable que ce soit une balle perdue. Le but de ces djihadistes est avant tout de dissuader les enseignants et d’imposer la terreur au sein de la population », analyse une source sécuritaire.
 
« Les écoliers sont terrorisés »
 
Les provinces du Soum et de l’Oudalan sont régulièrement le théâtre d’attaques et d’enlèvements de fonctionnaires ou de conseillers municipaux. « C’est la psychose depuis l’attaque à Bouro, tout le monde a peur. En partant au travail le matin, on se demande si on va rentrer vivant le soir. Les écoliers aussi sont terrorisés. Dès qu’il y a un bruit de moto, ils se précipitent pour regarder par la fenêtre », constate l’intendant d’un lycée de Djibo.
 
Depuis lundi, une coordination de syndicats d’enseignants du Soum observe d’ailleurs un mouvement de grève pour « marquer leur désaccord avec la façon de gérer la sécurité des écoles », ont-ils déclaré dans un communiqué. « Nous demandons que des actions concrètes soient mises en place, telles que la réouverture de deux commissariats aujourd’hui fermés et la reprise des patrouilles autour de certaines écoles », détaille le syndicaliste Fidèle Kobeané.
 
« Nous allons tout mettre en œuvre pour renforcer la sécurité et permettre aux enseignants et aux élèves de travailler librement », a tenté de rassurer, jeudi, le ministre de l’éducation et de l’alphabétisation, Stanislas Ouaro. La détérioration de la situation dans le nord du Burkina Faso a entraîné la fermeture de 21 % des écoles dans le Soum et de 17 % dans l’Oudalan, affectant au total plus de 11 000 élèves, selon les chiffres publiés par l’Unicef.
 
 

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